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“Pâturer plutôt que faucher”

Au printemps, chez Mickaël Lucia et Ida Rousselin, à Remungol (56), le chargement est volontairement élevé pour bien valoriser l’herbe par le pâturage.

Au printemps, Mickaël Lucia et Ida Rousselin, situés à Remungol (56), ont produit en 3 mois 35 % de leur référence, car leur objectif est de produire le maximum de lait au pâturage, pour diminuer leur coût alimentaire. Les pluies de début juin vont leur permettre de prolonger le pâturage cet été. En ce moment, 84 VL sont traites pour une moyenne de 22 L/VL/j (TB = 42,7 et TP = 33,3). Sur 32 ha consacrés aux laitières, taries et génisses amouillantes, 12 ha n’ont pas été fauchés, soit environ 2 semaines d’avance en stocks sur pied.

Au printemps, le chargement est volontairement élevé pour bien valoriser l’herbe par le pâturage. Du coup, le silo est rouvert chaque été. Baisser le chargement impliquerait de débrayer plus de parcelles au printemps et de mécaniser plus l’herbe. « Ce n’est pas notre souhait et pour l’instant, nous avons aussi l’objectif de produire toute notre référence ». Avec le coup de chaud de début juin, Mickaël Lucia a vu les jours d’avance diminuer rapidement donc il a rouvert le tas de maïs au 7 juin. « On l’a ouvert plus tôt que nécessaire par sécurité, car nous sommes en pleine période d’insémination pour mettre en place les vêlages groupés de printemps et nous ne voulions pas que les vaches perdent de l’état et ne retiennent pas. »

70 inséminations artificielles (IA) sont à faire entre fin mai et fin juin pour atteindre leur objectif de 70 % de vêlages groupés en 2017. La moitié du troupeau est encore en Holstein pur et ils ne veulent pas trop les contraindre au niveau alimentaire pour s’assurer qu’elles ne perdent pas en fertilité. Aujourd’hui, les vaches ont 5 kg/j de maïs ensilage et le reste en herbe. Elles n’ont plus de mélange céréalier depuis l’ouverture du silo. « Les vaches sont plus difficiles quand il y a du maïs. Il faut insister sur le pâturage et ne faire qu’un repas de maïs. Mais les repousses vont être bonnes sur les parcelles fauchées. »

Faucher tôt pour pâturer l’été

Fin mai, 20 ha ont été fauchés dont 9 ha débrayés, car ils étaient trop hauts pour être pâturés et 11 ha sur lesquels l’objectif était surtout de mettre les parcelles propres, pour augmenter l’appétence de l’herbe et faciliter la gestion du pâturage d’été. Au total, ils ont fait environ 20 t MS d’enrubannage d’une herbe jeune, riche en protéines, qui permettra des économies de correcteur. En général, fin mai, dès qu’il y a une bonne fenêtre météo, Mickaël Lucia fauche même s’il y a moins de rendement. Car si le temps est mauvais début juin, qu’il se retrouve à faucher tard et qu’il y a un coup de sec ensuite, le risque est que les parcelles n’aient pas suffisamment le temps de repousser pour avoir des stocks sur pied pour l’été.

Malgré le surcoût (7 € / botte), il fait de l’enrubannage plutôt que du foin, car la croissance de l’herbe ralentit lorsque la graine mûrit. En faisant du foin, il estime qu’il perdrait environ 1 t MS/ha de rendement en herbe par an et préfère l’acheter. « Je privilégie le pâturage d’été et les stocks sur pied plutôt que le rendement des stocks d’herbe, car nous avons le maïs ensilage ».
Contact : Civam AD 56 (07 85 26 03 02)

Faire un bon foin

Couper après le 25 mai pour être sûr de faucher les épis et avoir une herbe feuillue pour l’été si on a des variétés non remontantes. Faucher à 6-7 cm pour ne pas épuiser la plante et gagner en vitesse de repousse. Couper dès que l’anticyclone arrive (même sous la pluie) avec une fenêtre de 3-5 jours. Si elle est plus courte, l’enrubannage peut sauver la coupe. Faner derrière la faucheuse puis sur la rosée et arrêter dès que les roues du tracteur sont sèches ou qu’on entend l’herbe crisser. Faner lentement en avancement et haut dans les tours aux deux premiers fanages. Puis augmenter la vitesse de passage et réduire la vitesse de rotation des toupies pour des fanages plus doux. Quand le foin est bien sec, andainer et presser l’après-midi. Ne pas faire trop de fourrage riche en azote, mais plutôt divers foins plus ou moins matures pour assurer assez de fibres dans la ration hivernale.

En zone humide

Chez Ludovic Rolland à Ploubezre (22)

L’herbe pousse toujours aussi bien (62 kg MS/ha /jour). On a été bien arrosé ces derniers jours, avec 17 mm. L’herbe est un peu plus dure et la production a baissé : 16 L/VL (TB : 40 ; TP : 31). On finit le 2e tour d’herbe sur les 14 ha d’ici la fin du mois. 1,5 ha a été débrayé pour la fauche il y a 15 jours et on va réintégrer 1,8 ha dans le cycle de pâturage à la fin du mois. On a fauché une deuxième coupe sur 8 ha en enrubannage sur ces dix derniers jours. On ne fait pas encore de foin, ce sera pour juillet. Début juin, on a semé des nouvelles pâtures sur 2 ha accessibles aux vaches. On a également semé 1,1 ha de colza qui sera prêt à pâturer par les vaches fin août. Cedapa (02 96 74 75 50)

Chez Alain Guillou à Guimiliau (29)

Du 27 mai au 13 juin, j’ai réalisé une pré-fauche avant la mise à l’herbe des vaches, dans le but d’écrêter les graminées épiées, à l’origine des refus, et de limiter le surpâturage. Avec les fauches effectuées (22 ha), toute la surface destinée au pâturage des vaches laitières a été coupée, remise à plat. Les 80 mm de pluie en une semaine vont permettre une bonne repousse avant l’été. Les vaches sont à un niveau de production de 17 L / VL (50 TB et 34 TP), toujours en monotraite. Suite aux vêlages, nous avons repris les inséminations des vaches et des génisses, de l’ordre de 3 à 4 par jour réalisées par ma salariée et moi-même. Civam 29 : (02 98 81 43 94)

Chez Samuel Duguépéroux à Gahard (35)

Tout le monde est dehors au fil avant, même deux engraissées qui partiront mi-juillet. Les 30 jours d’avance sécurisent le pâturage estival. La météo des dernières semaines provoque plus de refus. Mais la pleine pousse bat son plein, les prairies redécollent derrière les vaches. Côté foin, je suis prêt mais pas stressé. Mes prairies tardives même coupées à la mi-juillet, sortent du bon foin. J’ai 40 ha à couper en trois chantiers en fonction des fenêtres météo. J’ai aussi acheté du foin sur pied, car le stock de sécurité a été diminué par le chargement élevé cet hiver. Je ne souhaite pas avoir à en acheter au mois de mars. Adage 35 (02 99 77 09 56)

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