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Lait : “Sachons vendre nos spécificités”

Des exploitations familiales livrant à des laiteries nombreuses sur le territoire : la France se distingue des autres pays européens. Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, invite à porter davantage « les » modèles français.
Thierry Roquefeuil, président de la FNPL (veste noire au centre) a rencontré des responsables et adhérents de la FDSEA d’Ille-et-Vilaine sur l’exploitation de Claude Morel à Saint-Grégoire (à droite).
Thierry Roquefeuil, président de la FNPL (veste noire au centre) a rencontré des responsables et adhérents de la FDSEA d’Ille-et-Vilaine sur l’exploitation de Claude Morel à Saint-Grégoire (à droite).

« Notre organisation laitière française est différente de celle des Néerlandais ou des Irlandais, où des coopératives majoritaires aident directement les producteurs à passer la crise. Nous avons de nombreuses laiteries sur notre territoire, et les producteurs ne souhaitent pas tendre vers l’intégration, mais rester des chefs d’entreprise », a souligné Thierry Roquefeuil, président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait), lors d’une rencontre avec les adhérents de la FDSEA d’Ille-et-Vilaine le 14 juin sur l’exploitation de Claude Morel, à Saint-Grégoire.

“Ne pas être les seuls à limiter les volumes”

« Mais pour que nos systèmes familiaux puissent continuer à exister nous devons revoir notre fonctionnement social et fiscal », précise Frédéric David, président de la section laitière FDSEA 35. Thierry Roquefeuil rappelle par ailleurs que la FNPL a travaillé sur le marché intérieur, au travers de la « Charte laitière de valeurs » qui vise à créer plus de valeur ajoutée pour les différents acteurs de la filière. « Aujourd’hui, nous avons une meilleure valorisation en France sur le lait de consommation, mais rien n’est jamais acquis. Nous devons rester vigilants. » Le producteur compte aussi sur la loi Sapin 2 pour remettre de la valeur à la production. Pour les éleveurs présents, la solution est d’abord européenne. « Nous ne devons pas être les seuls à limiter les volumes », soulignent-ils.

« Nous avons beaucoup de mal à nous faire entendre, nous sommes minoritaires. Pour des pays comme l’Allemagne, le marché prime ; les plus fragiles tomberont les premiers », précise le président. « Le commissaire européen à l’Agriculture Phil Hogan défend aussi cette ligne libérale, disant que les aides directes constituent le revenu des agriculteurs et que le marché régule ensuite. Les parlementaires toutefois ne sont pas d’accord avec cela. » À voir ce que donneront les prochains travaux des ministres sur la gestion des volumes en période de crise. « Aux producteurs aussi de donner un cap pour les jeunes. Quelle filière laitière veut-on dans 10 ans ? »

Accroissement des situations difficiles

Un nombre important d’éleveurs laitiers est le département sont en grande difficulté. « Chaque mois, nous étudions 10 à 12 dossiers différents », chiffre Christian Mochet, qui représente la FDSEA au service « Entreprise – agriculteurs en difficulté », à la Chambre d’agriculture 35 (ex Atese). « Il y a un an, la moitié des dossiers étaient redressable. Aujourd’hui, la situation est catastrophique, avec de nombreuses liquidations envisagées.  » Ces entreprises en difficulté peuvent être des structures avec un volume important, mais qui ont de trop lourds investissements, ou des soucis sanitaires… « Les conseillers de gestion doivent davantage aider les éleveurs en difficulté à passer le cap, les accompagner pour aller voir les banques. Des bilans tous les six mois permettraient aussi de mieux anticiper », propose Loïc Guines, président de la FDSEA 35.

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