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Une retenue d’eau écologique pour les tomates

Lors de l’extension de son outil de production, le serriste Roland Guével a fait le choix de creuser une lagune pour l’arrosage futur de ses plants de tomates. L’engin qui a réalisé le terrassement est équipé d’un guidage par satellite pour plus de précision.

« Quand je descends la pelleteuse du porte-char, je n’ai pas besoin de traçage au sol. L’écran qui modélise la machine en trois dimensions me donne les côtes à respecter », explique Thierry Le Brun, chauffeur de pelle pour la société Kerleroux, basée à Milizac (29). Comme les machines agricoles, les engins de travaux publics s’équipent en nouvelles technologies. L’impressionnante retenue d’eau a été creusée par une pelle mécanique guidée par 3 capteurs : un premier sur le site, deux autres positionnés sur la machine. « Je connais directement les niveaux », confie le chauffeur. Au total, ce ne sont pas moins de 13 000 m3 qui ont ainsi été décaissés pour créer la lagune.

Les serres de l’EARL Guével couvrent aujourd’hui une surface totale de 2,5 ha, et sont dédiées à la production de tomate en vrac, grappe, ou encore cœur-de-pigeon. Un projet d’agrandissement, aboutissant à une surface totale de l’exploitation de plus de 4 ha, est en cours de réalisation. « La cogénération sera installée prochainement, et alimentera l’équivalent de la consommation de 3 à 4 000 foyers », indique le producteur. La surface occupée par les serres génère une collecte d’eau pluviale importante. Une aubaine, au vue des consommations des serres. « Le cubage de consommation en eau pour 4 ha est estimé entre 20 à 25 000 m3. Sur les 13 000 m3 de la lagune, 9 000 seront disponibles pour l’alimentation hydrique des tomates.

Un exutoire, calibré pour ne pas inonder la zone proche est prévu. Enfin, une pompe d’une capacité de 10 m3 alimentera une réserve d’eau claire, à la serre, de 450 m3. En fonction du niveau de cette réserve, l’approvisionnement se fera par le forage déjà en place et par les eaux pluviales ». Une économie substantielle, qui jouera le rôle de stock tampon suivant le climat et le besoin des plantes.

Pour assainir cette eau, tout un dispositif de filtration est prévu. Que ce soit avec des charbons actifs ou des filtres à sable, la matière première liquide est rendue propre. « Les eaux de
recyclage passent par une biofiltration : le volume non consommé par les plants est reproposé le lendemain. Notre objectif est de tout calibrer pour limiter les rejets », conclut Roland Guével. Achevé cette année, l’ouvrage aura sollicité bon nombre d’artisans et de fournisseurs locaux, que ce soit pour le terrassement, les fournitures de géotextile et de membrane, ou encore les grillages de protection en provenance de l’équipe technique du Cultivert de Landerneau (29).

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