Edito

400

Les 400 Américains les plus riches détiennent une fortune de plus de 2 300 milliards de dollars. En face de cette richesse exorbitante, une autre fortune ou plutôt infortune s’incline : 400 $. Près de la moitié des Américains ne possèdent en effet pas 400 $ en poche pour faire face à une urgence de la vie. Toute leur « fortune » n’est que dettes et crédits. Cette vie à crédit a au moins un mérite : elle donne l’illusion d’être riche à des ménages qui ont multiplié leur dette par 7 en 35 ans.

Le succès du populiste Donald Trump réside en partie dans ces chiffres. Même outre-Atlantique, on ne croit plus guère à la lumière scintillante de la mondialisation susceptible de donner une chance à chacun. Les Européens semblent également échaudés par les promesses du grand marché planétaire qui a d’abord – surtout – profité aux plus riches. Quand un continent comme l’Europe se paye 22 millions de chômeurs, le compte n’y est pas en effet.

Rejet de la mondialisation dans de nombreux pays.

Aujourd’hui, plusieurs économistes de renom observent un rejet de la mondialisation dans de nombreux pays. Le commerce mondial associé à l’insécurité économique est devenu un repoussoir pour la population. Pas étonnant que le projet de traité de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis fasse l’objet de tant de méfiance dans l’opinion. Selon de nombreux observateurs, il n’en faudra peut-être pas davantage pour le torpiller. Une bonne nouvelle pour l’agriculture bretonne ? Du moins à court terme. Car pour l’avenir de notre société ne vaut-il pas mieux d’abord commercer avec des pays de même rang économique plutôt qu’avec des pays où les salaires sont de redoutables variables d’ajustement pour conquérir les marchés solvables ? Avec cette conséquence indirecte de ce dumping social : tirer les standards et le niveau de vie vers le bas.

Mots-clés

Peut vous intéresser

Lire aussi...
Fermer
Bouton retour en haut de la page
Fermer