Economie, marchés et gestion

Piloter la trésorerie de l’exploitation laitière au point d’équilibre

Le point d’équilibre est un outil simple et efficace pour piloter la trésorerie de l’exploitation laitière.

Calculer un point d’équilibre revient à exprimer le seuil annuel moyen à partir duquel l’exploitation dégage de la trésorerie ou en perd. Le niveau du point d’équilibre peut varier fortement d’une exploitation à une autre en fonction des systèmes mis en place, des investissements réalisés, de la rémunération attendue ou encore des aides Pac…

360 €/1 000 l en 2015

Sur l’année 2015, il existe un différentiel de plus de 100 € entre le quart inférieur et le quart supérieur de l’échantillon Cogedis, avec une moyenne autour de 360 €/1000 l. Face à la fluctuation des prix, tout le monde ne part donc pas sur un pied d’égalité. En fonction des projets professionnels ou personnels, des futurs emprunts contractés ou des échéances bancaires qui arrivent à terme, le point d’équilibre est en évolution permanente au gré de la vie de l’entreprise. Il faut donc réaliser ce calcul chaque année en tenant compte de tous les axes de développement qui sont envisagés.

3 outils de gestion essentiels

L’EBE : Chaque activité doit contribuer à la réalisation de l’EBE global. Et plus elle participe activement à la constitution de l’excédent brut d’exploitation, plus elle est efficace au regard de la rentabilité. À ce titre, l’EBE « lait » est un critère de comparaison essentiel.
Le coût de production : Par comparaison au prix du lait, il permet de connaître la part de revenu inhérente à la production laitière.
Le point d’équilibre : C’est un critère de trésorerie car les amortissements sont exclus et il tient compte des besoins privés et des annuités décaissés au cours de l’exercice.

Il est possible de calculer son propre point d’équilibre en 4 étapes. La fixation d’un objectif d’Excédent brut d’exploitation (EBE) constitue la première. Puisque l’EBE doit servir au remboursement des emprunts, aux prélèvements privés et à une certaine marge de sécurité, pour se fixer un objectif d’EBE il faut tenir le raisonnement inverse. Quelles vont être mes annuités ? Quel est le niveau de prélèvements privés que je souhaite m’accorder ? Quelle doit être ma marge de sécurité ? Concernant ce dernier point, il est toujours difficile de mettre un curseur sur une marge de sécurité acceptable.

Pour avoir un indicateur, certains prennent par usage 10 % de la somme allouée aux annuités et aux prélèvements. À partir de cet EBE souhaité, on passe à la 2e étape : le calcul de l’objectif du chiffre d’affaires. On ajoute à l’EBE le montant des charges de structure (hors amortissement et frais financiers), ainsi que le montant des charges proportionnelles des différentes activités du dossier.

Cela donne le chiffre d’affaires qu’il faudra atteindre au cours d’un exercice afin de répondre aux besoins de l’exploitation (charges proportionnelles et de structure) et à l’EBE objectif (fonction des remboursements d’emprunts, des prélèvements privés et de la marge de sécurité). Les recettes issues de toutes les activités présentes sur l’exploitation vont concourir à l’atteinte ou non de cet objectif. Mais dans le cadre du calcul du point d’équilibre lait, il faut chercher à savoir quel sera le montant de ce chiffre d’affaires (CA) qu’il restera à couvrir par la seule vente de lait. Pour cela, il faut lister les recettes accessoires. Il s’agit de notre 3e étape. Ces recettes accessoires viendront minorer le CA à atteindre par la vente de lait.

Enfin, 4e étape : le calcul du point d’équilibre. Rien de plus simple une fois que le CA à atteindre par la vente du lait a été déterminé. Il suffit de le diviser par le litrage vendu, et de l’exprimer par 1000 litres. Exemple avec un CA à atteindre par la vente de lait de 140 000 € et une référence de 400 000 litres de lait, le point d’équilibre sera de 350 €/ 1000 l. Il s’agit là d’un indicateur technico-économique très précieux pour se situer rapidement face à la variabilité de la conjoncture. Il va varier au cours de la vie de l’exploitation en fonction des aléas économiques et des investissements réalisés.

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