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Pâturage, robot et bio, c’est possible

C’est un triptyque que l’on rencontre peu en Bretagne, mais qui trouve toute sa place sur l’EARL Les Prairies de la Rivière, à Retiers (35). Le robot permet aux éleveurs de se décharger de la traite.

Le système de production de Joël Rabot a été remis en cause à partir de 1989, suite à une sécheresse. La part de maïs est alors diminuée à 8 ha, alors qu’elle occupait 20 ha à son installation avec ses parents en 1986. Les céréales sont arrêtées. En 2000, la SAU ne compte plus que 3 ha de maïs, pour la rotation avec des prairies qui vieillissent (9 ans). La crise du lait de 2009 pousse l’agriculteur à devenir 100 % autonome. Il baisse alors sa production de 100 000 L et passe le système en agriculture biologique à partir de mars 2010.

« Un tracteur était inutile »

En 2015, tous les emprunts de l’exploitation étant soldés, le producteur se questionne sur le type d’investissement à réaliser. « Un tracteur était inutile. En revanche, un robot de traite permettait d’améliorer les conditions de travail, même si ma salle de traite de 25 ans (2 X 5 Épi avec décrochage) pouvait encore servir. Le robot constituait aussi un nouveau challenge à environ 10 ans de ma retraite. J’avais vu des robots fonctionner avec une bonne part de pâturage chez d’autres producteurs herbagers », a expliqué Joël Rabot lors d’une ferme ouverte organisée le 5 avril par Agrobio 35, en partenariat avec le bassin versant de la Seiche et Lely.

Sur l’EARL, l’assolement et les habitudes de pâturage n’ont pas changé avec le robot. 62 ares/VL sont accessibles, l’eau est maintenue dans les pâtures. « Les prairies sont organisées en paddocks de 70 ares, avec 20 parcelles de jour et 8 parcelles divisées en 3 pour la nuit. Pour augmenter la productivité de l’herbe et inciter les vaches à revenir plus facilement se faire traire, les paddocks de jour vont être réduits de 20 ares. » Les laitières sont également attirées par le maïs plante entière déshydraté, donné au robot toute l’année. « En complément du pâturage, elles reçoivent du foin et de l’enrubannage. »

Deux heures en moins par jour

D’un coût de 150 000 € incluant tous les aménagements, le robot Lely A4 a été mis en route en février 2015. Il a été installé à côté de la laiterie et a dû être complété par une porte de pâturage à l’autre extrémité de la stabulation. L’éleveur doit compter en plus 1 400 €/an de coût de maintenance. « Grâce au robot, j’ai gagné deux heures par jour. Les vaches se sont habituées en un mois. Moi, il m’a fallu une bonne année pour prendre de nouveaux repères… C’est une autre façon de travailler. Avant, je faisais attention au troupeau entier, aujourd’hui, je regarde les vaches individuellement. » L’éleveur souligne par ailleurs qu’il n’y a pas plus de leucocytes qu’avant.

Sur la dernière campagne, la moyenne d’étable se situe à 6 300 L/VL et le coût alimentaire à 65 €/1 000 L (dont 11 € pour le maïs déshydraté). Avec un effectif variant entre 35 à 40 VL, le robot ne sera pas surchargé. « La nuit, ce n’est pas grave s’il prend du retard. Les alarmes du téléphone sont bloquées », apprécie l’éleveur. « Je souhaite avoir au minimum deux traites par jour. En hiver, les vaches étaient à trois traites/jour. »

Le coût réduit avec le pâturage

Comme en système salle de traite, la part de pâturage joue favorablement sur le coût alimentaire en robot. Sur les 180 élevages robotisés suivis par Eilyps, les élevages ayant plus de 21 ares de pâturage/VL affichent un coût alimentaire de 97 €/1 000 L en 2015, contre 112 €/1 000 L pour les élevages ayant moins de 10 ares/VL. La moyenne d’étable est de 9 100 kg pour les premiers et de 9 650 kg pour les deuxièmes. « Pour réussir, il faut déterminer des horaires de pâturage, gérés avec une porte », précise Anthony Baslé, Chef marché robot Eilyps. « Il faut aussi accepter une baisse de fréquentation et des variations de lait. »

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