Investissement et innovations pour tordre le cou à la crise

Guy Le Bars et Christian Couilleau pensent que « l’avenir n’est pas dans la vente de liquide blanc, mais dans les produits à forte valeur ajoutée ». - Illustration Investissement et innovations pour tordre le cou à la crise
Guy Le Bars et Christian Couilleau pensent que « l’avenir n’est pas dans la vente de liquide blanc, mais dans les produits à forte valeur ajoutée ».
Dans une conjoncture laitière difficile, le groupe coopératif renforce ses investissements pour être un acteur fort du marché de demain.

Face à une conjoncture défavorable, le groupe coopératif Even a choisi de réagir par la dynamique. « C’est une crise violente, profonde et longue, mais qui n’est pas durable. Nous avons fait le choix de mettre en place, dans un pas de temps court, une politique de soutien aux adhérents, et en soutenant l’installation des jeunes », confie Christian Couilleau, directeur général. Ainsi, le conseil d’administration a décidé un retour exceptionnel de 12 €/1 000 L pour la campagne 2015/2016, versé en juillet prochain. À cela s’ajoute une proposition d’avance de trésorerie, sous la forme d’un prêt à hauteur de 10 €/1 000 L, à rembourser à l’été 2017, « à un taux d’intérêt de 2 %, et diminué à 1 % pour les jeunes agriculteurs. Enfin, le paiement anticipé des livraisons des céréales 2016 à hauteur de 400 € par ha est prévu », ajoute Guy Le Bars, président.

Contenir les volumes

L’excédent de volume de lait apporté sur les marchés « aux ¾ en provenance des pays européens, comme les fortes croissances de 20 % observées en Irlande ou de 15 % en Hollande et Belgique, déstabilisent les cours. La surproduction mondiale, de 1 % seulement, fragilise les 800 milliards de litres produits dans le monde. Nous avons fait le choix d’établir un prix C très dissuasif, de 40 €. C’est encore un montant trop élevé, car nous devons contenir notre production », explique Guy Le Bars.

Viser l’international

Suite aux récentes annonces d’investissement de capitaux chinois en Centre-Bretagne, Guy Le Bars préfère « être présent dans plusieurs pays pour limiter les risques que d’être sino-dépendant. La part de l’export représente aujourd’hui 40 %. L’objectif est d’atteindre les 50 % à l’horizon 2020. La production laitière ne sera plus présente dans certains bassins. Ici, nous avons des arguments ».

Le site de Créhen (22) entrera en phase de tests au début de l’année prochaine et sera dédié à la fabrication de lait infantile et premium. Des travaux sur le site de Landerneau (29) pour la séparation de la protéine, vient performer les outils industriels. Au total, le groupe investit plus de 100 millions d’euros cette année dans la construction et la modernisation de ses usines. « Les investissements réalisés chez nos adhérents sont sécurisés par nos propres investissements », conclut Guy Le Bras. Dans un marché tourmenté, la quête des produits à forte valeur ajoutée demande une innovation permanente.


Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article