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Semer le maïs tôt, mais en bonnes conditions

Les dernières références acquises en Bretagne montrent qu’il n’y a pas d’intérêt à semer le maïs trop tôt. À  partir de mi-avril, si on veut saisir les premiers créneaux disponibles, il sera impératif de travailler le sol en conditions bien ressuyées.

Des essais récents réalisés en Bretagne par Arvalis – Institut du végétal ont permis de préciser les enjeux liés à la date de semis. En maïs fourrage, on enregistre en moyenne une légère baisse de rendement (-3 %) sur les semis précoces de la première quinzaine d’avril, par rapport aux semis de la deuxième quinzaine d’avril, avec une plus grande variabilité interannuelle. La qualité des maïs fourrage est globalement identique sur les semis d’avril, mais elle chute sur les semis du mois de mai.

L’allongement du cycle profite à la production de grains

En maïs grain, les résultats sont un peu différents. En moyenne, les semis très précoces de début avril apportent un faible gain de rendement (de l’ordre de + 2 %) par rapport aux semis de la deuxième quinzaine d’avril, avec toutefois une plus grande variabilité interannuelle. Sur les semis de mai, les rendements observés en maïs grain décrochent plus (-10 %) qu’en maïs fourrage.

Ce comportement différent à la date de semis entre maïs fourrage et maïs grain s’explique par le fait que les surfaces foliaires et les gabarits de plantes sont plus courts en semis précoces. Ceci est dû aux conditions plus froides que rencontrent les cultures en semis précoces. La photosynthèse est réduite et la production de biomasse plante entière est affectée. Cependant, la production de grain profite malgré tout de l’allongement du cycle permis par les semis précoces.

Plus de risques que de bénéfices avant la mi-avril

On retiendra qu’avant la mi-avril, en moyenne, les risques sont plus importants que les gains espérés. En semis précoces, le risque de gel n’est pas forcément le principal facteur limitant aujourd’hui. La survenue d’une période froide et humide juste après le semis est plus à craindre. Ces conditions difficiles entraînent une durée de levée très longue et exposent le maïs aux problèmes agronomiques (battance…) et aux attaques de ravageurs (mouches…). En Bretagne, un semis de début avril mettra 20 à 25 jours à lever, contre 12 à 15 jours seulement pour un semis de mi-avril. Au niveau de la floraison, une avance de 15 jours au semis se traduit par une floraison plus précoce de seulement 3 jours.

Sur le mois d’avril, les conditions d’implantation apparaissent au moins aussi importantes que la date de semis. Quelle que soit la date retenue, il est indispensable d’attendre le ressuyage de la parcelle avant d’intervenir. De plus, un sol ressuyé se réchauffe mieux. Et si de bonnes conditions sont réunies début avril, mais avec des prévisions météo annonçant pluie et froid il sera préférable de différer la date de semis.

Favoriser le démarrage en semis précoce

Les conditions climatiques sont souvent moins favorables pour des semis précoces. Tout ce qui favorisera le démarrage rapide de la culture sera à privilégier : variété à bonne vigueur au départ, engrais starter localisé dans la raie de semis. En semis précoces, mouches oscinies et géomyzes sont autant à craindre que le taupin. Une protection insecticide en traitement de semences ou en micro-granulés dans la raie de semis sécurisera le peuplement. Enfin, en semis précoce, le recouvrement de l’interrang peut être lent et le re-salissement des parcelles peut exiger un renforcement du programme herbicide ou un rattrapage mécanique au moyen d’un binage.

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