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Les élus lancent le plan Vigirural

Samedi 20 février, plus de 1 500 personnes, principalement des responsables politiques, ont répondu à l’appel des Collectifs d’élus locaux en soutien à l’agriculture et aux territoires (Celsat).

« Dix ans qu’on réclame de la compétitivité et l’appui des élus du territoire », se réjouissait Thierry Coué, de la FRSEA Bretagne devant les responsables politiques rassemblés à Loudéac (22), dont des centaines portant l’écharpe de maire. « On y est. C’est un grand départ. » Des femmes et des hommes  de « toutes sensibilités » venus (enfin) répondre « au hurlement de souffrance, au cri de rage » des agriculteurs, soulignait Agnès le Brun (Celsat 29), maire de Morlaix, « prête à porter la voix des territoires, car nous ne sommes pas des réserves d’Indiens. » Et Sandra le Nouvel (Celsat 22), conseillère départementale des Côtes d’Armor, d’enfoncer le clou : « Il faut que l’agriculture perdure au moins, se développe au mieux. »

Des agriculteurs d’utilité publique

« Voulons-nous que l’alimentation de nos enfants dépende d’autres continents ? », reprenait Agnès Le Brun, rappelant que l’agriculture en France, c’est « un million d’emplois directs et induits » au total et « notre autosuffisance alimentaire » qui est en jeu. Voilà pourquoi Pierre Lec’hvien, de la Coordination rurale, réclamait à la tribune « que les agriculteurs soient déclarés d’utilité publique tant le pays a besoin d’eux » et « l’exception agri-culturelle dans les accords d’échange transatlantique pour ne pas sonner le glas de l’élevage de qualité française ».

Soutenir les projets

Les nouveaux Collectifs ont lançé un plan Vigirural, avec l’ambition de se faire entendre « à Paris et à Bruxelles » pour que des solutions concrètes émergent rapidement afin de « sauver l’agriculture » en Bretagne. Mais certains intervenants comme Sébastien Rouault des JA 22 et  Marie-Christine Le Quer (Celsat 56), productrice de lait et conseillère départementale du Morbihan  rappelaient aussi que le combat était parfois local en imposant le Manger français. Avant que Pierre-Yves Mahieu (Celsat 35), maire de Cancale ne termine : « Dans les commissions ou réunions auxquelles nous participons, ne soyons pas complices passifs quand les projets passent. Combien de projets d’installation ou de développement agricoles, des projets de vie, ont été salis car nous n’avons pas voulu imposer notre soutien et les considérer comme les autres initiatives artisanales ou commerciales ? » Toma Dagorn

Ils ont dit :

Agnès Le Brun, Maire de Morlaix, coordinatrice du Celsat 29

Choisir l’agriculture, c’est choisir l’emploi, c’est choisir la croissance. Ce qui n’est pas urbain ne doit pas devenir une zone de friche.

Jean-Marc Thomas, Confédération paysanne

Il faut que Phil Hogan à Bruxelles ressente les vibrations du tremblement de terre qui se passe en Bretagne.

Thierry Coué, Président de la FRSEA Bretagne

Aujourd’hui encore, il y a 22 à 25 exploitations par commune en Bretagne. Sauvegardons ce patrimoine. Et au-delà, cette activité économique.

Olivier Allain, Conseiller régional chargé du dossier agriculture

Si nos prix avaient connu juste l’inflation depuis 1992, la tonne de lait serait payée 472 € aujourd’hui, le kilo de porc un peu plus de 2 € et la viande bovine plus de 6 €.

Pierre-Yves Mahieu, Maire de Cancale et coordinateur du Celsat 35

Combien de nos interlocuteurs sont sensibilisés au commerce équitable du café ou du coton ? Le commerce doit aussi être équitable pour les producteurs de nos territoires.

Sandra Le Nouvel, Conseillère départementale des Côtes d’Armor, coordinatrice du Celsat 22

Notre tissu économique local est quasi-exclusivement basé sur l’agriculture. Revendiquons les communes rurales. Moi, je nous appelle les communes agricoles.

Pierre Lec’hvien, Coordination rurale de Bretagne

La réponse du Premier ministre n’est qu’une réponse conjoncturelle à une crise structurelle à des agriculteurs étranglés : 10 % sur 0 revenu fera toujours 0.

Marie-Christine Le Quer, Productrice de lait, conseillère départementale et coordinatrice du Celsat 56

Nous, élus, pouvons réorienter des aides vers l’introduction de produits locaux, français dans nos cantines, écoles, maisons de retraite…

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