Côtes d'ArmorPolitique et Syndicalisme

Des parlementaires sommés de voter en faveur de la compétitivité

La FDSEA et les JA des Côtes d’Armor ont demandé aux parlementaires des Côtes d’Armor de défendre la compétitivité des exploitations, notamment en votant ce jeudi à l’Assemblée nationale.

« La situation des éleveurs du département des Côtes d’Armor, et plus largement de la région Bretagne, est dramatique. Ce constat, et les enjeux qui en découlent, semblent partagés par les élus locaux et les parlementaires. C’est très bien, mais cela ne suffit pas », a expliqué en préambule Didier Lucas, président de la FDSEA 22. « Écouter c’est bien, agir c’est mieux. La colère et le désespoir exprimés les derniers jours appellent des mesures d’urgence pour sauver les exploitations, mais aussi des réponses structurelles. »

Rencontre tendue à huis clos

C’est pourquoi les administrateurs du syndicat et de Jeunes Agriculteurs ont invité tous les parlementaires costarmoricains, lundi 1er février, à la Maison de l’Agriculture de Plérin afin d’évoquer le Projet de loi sur la compétitivité agricole (voir détail en encadré). Les sénateurs Yannick Botrel et Michel Vaspart, et les députés Annie Le Houérou, Corinne Erhel, Michel Le Sage et Marc Le Fur étaient bien présents. Les échanges à huis clos ont été nourris, parfois même très tendus, entre agriculteurs et certains élus. « Cette proposition parlementaire de loi (PPL) pour aider l’agriculture à retrouver de la compétitivité sera débattue jeudi à l’Assemblée », a rappelé, en marge de la réunion, le député Marc Le Fur du groupe Les Républicains. « Il ne répond pas à tous les enjeux de l’agriculture française, mais c’est l’occasion unique de porter des solutions attendues par la profession agricole et surtout de redonner des perspectives. Car la question, aujourd’hui, est y aura-t-il un élevage demain en Bretagne ? Ce texte, on peut et on doit le voter. »

Embargo russe

Le député Marc Le Fur a promis également d’aborder « d’autres sujets », jeudi, à l’Assemblée nationale. « Notamment celui de la réouverture du marché russe. Emmanuel Macron le dit également. Il y a une ouverture pour des négociations pays par pays. » Pour la France, il y a des débouchés à aller chercher « pour le porc, le lait et les légumes. »

L’immobilité insupportable du jeu gauche-droite

Du côté du PS, on a tourné autour du pot. « Il y a urgence. La situation est extrêmement critique. Stéphane Le Foll a déjà annoncé mardi 26 janvier des décisions, sur l’étiquetage de l’origine pour les produits transformés notamment. En passant par décret, c’est plus rapide que par la voie d’un texte de loi à discuter… Et puis, François Hollande et le ministre de l’Agriculture ont déjà rendez-vous avec les présidents de la FNSEA et de JA », a expliqué par exemple Corinne Erhel. Ne cherche-t-on pas plutôt à noyer le poisson pour ne pas voter un texte nécessaire à la survie de l’élevage proposé par la droite ? Ce qui est sûr, c’est qu’un allègement de charges pesant sur les exploitations agricoles financé par une hausse de TVA et CSG serait courageux mais n’aurait pas bonne presse auprès des électeurs… La députée a aussi parlé « d’un travail déjà en cours à la Région sur la structuration de la filière porcine », se réjouissant du rapprochement de certains groupements, et d’une nécessaire régulation des prix « au niveau européen ». Elle renvoie à la réunion des ministres de l’agriculture de l’Union européenne le 18 février prochain. Avant de terminer par un énigmatique « Peut-être aurait-on dû… »

Charges allégées et valeur ajoutée partagée

La proposition de loi en faveur de la compétitivité de l’agriculture et de la filière agroalimentaire  a été déposée au Sénat par Jean-Claude Lenoir (Les Républicains – Orne), président de la commission des affaires économiques, et plusieurs de ses collègues, le 16 octobre 2015. Ce texte en 4 chapitres, vise, selon ses auteurs à :

  • Améliorer la transparence et mieux partager la valeur ajoutée tout au long de la chaîne, du producteur au consommateur (meilleure contractualisation, prix prenant en compte les coûts de production, référence à des indices publics ou à l’observatoire des prix et des marges, rendez-vous annuel des acteurs des filières pour définir des stratégies communes).
  • Faciliter l’investissement et la gestion des risques financiers en agriculture, avec notamment des possibilités de report d’échéances d’emprunt pour tout agriculteur dans un secteur en crise.
  • Alléger les charges de toutes natures (surtransposition de la directive européenne sur les installations classées,  charges patronales pour leurs salariés permanents, charges en début de carrière).
  • Relever la TVA et la CSG pour compenser l’impact de ces mesures pour l’État et les organismes de Sécurité sociale.
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