Ille-et-VilainePolitique et Syndicalisme

Les acteurs de Fougères planchent sur l’avenir de leur territoire

Le lien social à l’échelle du territoire était à l’honneur lors de la journée Terres d’Innovations. Des agriculteurs, des chercheurs, des enseignants locaux ont fait part de leurs expérimentations et réflexions.

« Avec internet, on trouve aujourd’hui des réponses à tout, mais face aux problématiques propres à un territoire, on ne peut se passer de communication directe », ont fait remarquer des participants à Terres d’Innovations, le 10 décembre à Fougères. Organisée par la Chambre d’agriculture en lien avec la MFR de Fougères et le réseau Trame, cette journée visait à rassembler les différents acteurs autour des dynamiques qui sont mises en mouvement localement et des voies d’avenir possibles.

Des agriculteurs et des projets

Des agriculteurs ont témoigné sur plusieurs projets qu’ils développent sur le territoire : le projet de méthanisation collective dans le Coglais, la mutualisation des moyens pour répondre au marché de la restauration collective, l’adaptation de l’agrosystème pour des vaches en bonne santé et une performance économique, l’autonomie protéique, la passion de la génétique, le goût du partage… L’après-midi laissait davantage la parole à des chercheurs, développeurs et enseignants agricoles. Jérémy Guil, agent de Recherche et Développement en agronomie à la station des Cormiers a souligné l’importance d’une recherche appliquée en lien direct avec les agriculteurs. « Sur le travail du sol, ils vont être présents dans notre comité de pilotage. Une partie des expérimentations peut aussi être réalisée sur leurs terres. »

Former les techniciens, former les producteurs

En lien avec la génétique de précision, Sébastien Delattre, responsable développement – transplantation embryonnaire d’Amélis, précise de son côté la nécessaire « montée en compétence des équipes de la coopératives, mais aussi des producteurs. Ces derniers doivent intégrer l’intérêt des nouveaux outils et pouvoir les utiliser pour atteindre leurs objectifs sur du long terme. Cela peut être l’intensification de la production, l’amélioration de la qualité de vie, l’adaptation à un contexte pédo-climatique… » Ancré à Fougères, le laboratoire de l’Anses pourrait également jouer un rôle accru dans les enjeux de demain. « Dans le cadre des plans Écophyto et ÉcoAntibio, nous pourrions accompagner les producteurs pour voir comment fonctionnent les alternatives.

Travailler sur les résidus des huiles essentielles peut être un autre angle. Nous pouvons acquérir des compétences pour cela », explique Pascal Sanders, directeur du laboratoire Anses de Fougères. La société STI biotechnologie, basée à Saint-Etienne-en-Coglès, produit quant à elle des mélanges à base de bactéries, pour la nutrition animale en premier lieu. « Nos bactéries permettent de renforcer le système immunitaire des animaux et de réduire la consommation d’antibiotiques », détaille Benoît Josse, de STI biotechnologie. « Nos produits peuvent par ailleurs permettre de mieux valoriser l’engrais présent dans le sol. »

Les solutions restent à trouver

Jean-François Olivier, de la MFR de Fougères, référent régional Apprendre à Produire et Consommer Autrement, rappelle les changements attendus dans l’enseignement agricole. À partir de 2017, l’agroécologie devra être intégrée dans les programmes. Les nouveaux produits et technologies, le conseil plus pointu, peuvent aider les agriculteurs à aller dans cette voie dont les solutions restent à trouver. La question du retour sur investissement se posera en parallèle. Agnès Cussonneau

Marion Diaz, Ingénieure recherche en sociologie à AgroCampus Rennes

Évoluer dans des pratiques plus fines de production présente un intérêt pour l’environnement, mais aussi pour la performance économique des exploitations. Le partage en groupe est une des solutions pour que tout le monde puisse avancer dans cette voie. Les agriculteurs sont inventeurs de nouvelles pratiques. Nous réalisons actuellement des enquêtes dans les fermes autour de Fougères pour mobiliser les agriculteurs, en particulier ceux qui sortent difficilement de leur ferme. Nous souhaitons mettre en place des groupes d’échanges sur des territoires de 3 à 5 communes.

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