Plan Marshall : de la reconnaissance par les prix

plan-marshall-crise-agricole - Illustration Plan Marshall : de la reconnaissance par les prix

Le Plan d’urgence établi par le Gouvernement pour tenter de rassurer les éleveurs français n’a pas convaincu les éleveurs bretons.

Déception unanime des représentants de la FRSEA, JA, Coordination rurale et Confédération paysanne, jeudi 23 juillet, à la sortie d’une conférence lancée par la Préfecture de Bretagne et le Conseil régional, le lendemain de l’annonce du Plan d’urgence par le Gouvernement. « L’État a mobilisé des moyens pour répondre à court terme aux angoisses des éleveurs, mais ce n’est pas suffisant », insiste René Poüessel, de la Confédération paysanne Bretagne.

Un plan Marshall pour l’agriculture

« On n’a rien appris de plus », si ce n’est que « sur les 600 millions d’euros annoncés, seuls 50 millions sont des aides directes pour les agriculteurs (aides Fac) », 500 millions d’euros concernent des garanties de prêts contractés par les agriculteurs. « Mais quand on est en difficulté financière, la banque ne prête pas d’argent. Les portes ont plutôt tendance à se fermer… », cantonne Thierry Coué, président de la FRSEA. Ce plan d’urgence, ne résout en rien les difficultés de fond des filières d’élevage à moyen terme. « Nous voulons des avancées concrètes pour construire notre revenu », argumente Jean-Paul Riault, président des Jeunes Agriculteurs de Bretagne. « L’agriculture a besoin d’un véritable plan Marshall », insiste la FRSEA.

Le prix, une revendication unanime

« Ce plan d’urgence revient à mettre un cataplasme sur une jambe de bois », illustre Hervé Guillerm, de la Coordination rurale. Éric Duverger, porte-parole de Confédération paysanne 35 félicite néanmoins l’initiative de ce tour de table « qui a permis à tous les acteurs de s’exprimer ». Et une fois n’est pas coutume, la revendication est, elle aussi, unanime, même si les solutions pour y parvenir divergent ensuite selon les syndicats. « La reconnaissance du métier attendue par une revalorisation du prix du lait et de la viande pour la survie de l’élevage à long terme », a été affirmée par les syndicalistes et entendue par les représentants du Gouvernement et les élus des collectivités territoriales. Deuxième point d’accord : la compétitivité sera au rendez-vous quand l’harmonie sociale et environnementale européenne sera réelle. Mais ce chantier politique risque de prendre du temps… Même si les ministres de l’Agriculture se rencontrent actuellement à tour de rôle et qu’un Conseil des ministres européens de l’Agriculture les réunira en septembre.

Pas de coupable… ou tous coupables

« Les engagements pris dans la filière porcine ont été tenus sous l’effet notable du comportement des filiales des groupes de distributions indépendants », estime le rapport du médiateur des relations commerciales, rendu au ministre de l’Agriculture, la veille de l’annonce du Plan d’urgence. En viande bovine, d’autres débouchés que la grande distribution, comme l’export, permettraient d’accompagner un mouvement de hausse plus prononcée. Chaque maillon a donc joué son rôle dans le jeu de cette hausse des cotations, mais aucun n’est vraiment « blanc ».

Des actions durant tout l’été

Malgré les mises en garde de Patrick Strzoda, le Préfet de région, qui a annoncé un renforcement des procédures judiciaires pour cause de violence avec dégradation des biens publics et privés, les agriculteurs maintiennent la pression. Le combat se poursuit pour que les accords sur les prix avec la distribution et la transformation soient respectés et pour que la réglementation s’adapte aux enjeux auxquels doivent faire face les exploitations. Carole David


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