Economie, marchés et gestion

L’engagement coopératif, un épanouissement professionnel et personnel

Les administrateurs sont chargés de donner un mandat à un directeur qui lui, a comme rôle de surveiller, contrôler, et veiller à la bonne gestion d’une coopérative. Administrateur et administratif sont donc amenés à travailler ensemble et former un binôme. « À nous de leur insuffler la stratégie de la coopérative » précise Pascal Le Cam, administrateur à Triskalia.

Pascal Le Cam s’est d’abord installé en Gaec en 1987, avec ses parents, adhérents à Coopagri Bretagne. Quelques années plus tard, ses parents partent en retraite et son épouse le rejoint en 1994 pour former l’EARL Le Cam. Aujourd’hui, l’exploitation laitière s’étend sur 57 hectares et est composée de 60 vaches.

Une nécessité

Pascal le Cam a toujours été impliqué professionnellement à travers la Coop du Trieux et la commission lait, réunie au bon vouloir de la laiterie (structure non décisionnelle). Après sollicitation, il est élu administrateur depuis une quinzaine d’années. Il fait partie de trois commissions telles que Coop Avenir, Territoire et Planète Positive (Agriculture écologiquement intensive et Développement durable) que regroupe Triskalia. De plus, il est secrétaire à la Cuma locale de Jarlot. Pour Pascal Le Cam, l’engagement est une évidence « L’engagement coopératif est un besoin d’évasion même si cela reste professionnel ». Il a donc le sentiment, avec les autres administrateurs, d’être acteur de l’évolution de la coopération agricole. « Le mouvement me pousse à rester, cependant j’ai toujours eu à l’esprit de ne pas être administrateur ad vitam æternam » indique-t-il en souriant.

Pour Pascal Le Cam, l’engagement en coopérative possède de nombreux avantages : il permet une bonne maîtrise des productions ainsi qu’une solidarité entre celles-ci, mais aussi de mettre en commun les ventes de produits pour en obtenir un meilleur prix. Cependant, « il faut savoir que nos inconvénients sont liés à nos avantages » précise l’élu. En effet, du fait que ce soit une démocratie, les attentes et les idées divergent, les prises de décision sont donc plus longues et plus lourdes. « L’engagement coopératif est une affaire d’Hommes » nous exprime-t-il avec humour.

À ses débuts, il a dû faire face à un souci majeur avec les administrateurs Éolys et Cam 56, celui de l’effondrement économique d’Entremont, auquel la production laitière était vendue pour fabriquer, entre autres, de l’emmental. Face à cette faillite, les administrateurs ont du trouver des solutions, les meilleures qui soient pour préserver le capital social de chacun et le débouché de leur production. Les producteurs leur en ont voulu, car le lait était moins bien payé que dans les autres laiteries. « C’est dans ces occasions que l’on mesure la solidité d’un conseil d’administration » nous avoue-t-il.

De candidat à administrateur

En octobre 2010, la fusion de Cam 56, Coopagri Bretagne et l’Union Éolis a créé Triskalia, première coopérative de Bretagne. Triskalia regroupe 400 élus et 53 administrateurs. Il y a deux possibilités pour devenir administrateur : ils sont proposés soit par la section territoriale, soit par les sections spécialisées (lait, porc, légumes…). Ils sont renouvelables tous les trois ans. Après leur élection, le conseil d’administration se réunit tous les deux mois durant une journée. « Cela ne suffit pas », précise l’agriculteur. Le conseil est un lieu d’échange facile, cependant il faut préparer son intervention à l’avance et s’assurer de bien présenter les choses. C’est donc là que le travail en binôme prend toute sa signification. « L’agriculteur est la tête pensante mais doit être humble dans sa fonction », souligne Pascal Le Cam.

Les administrateurs sont rémunérés, mais pas forcément comme on le pense. Selon la durée du conseil, ils sont payés cinquante euros par demi-journée, de plus les frais kilométriques pour se rendre au conseil sont indemnisés de trente-cinq centimes le kilomètre. « On nous reproche d’être bien rémunéré mais cela est un mythe », parce qu’il faut prendre en compte qu’un salarié de remplacement revient en moyenne à cent cinquante euros la journée.

Chez les administrateurs de Triskalia, on a la volonté de rajeunir et de féminiser le conseil. Malheureusement chez les plus jeunes, l’engagement coopératif ne va pas de soi. Si Pascal Le Cam devait trouver quelques  arguments de poids pour les convaincre de s’engager, il leur dirait que les coopératives, c’est “un Homme, une Voix” et que l’administrateur est la “courroie de transmission” entre le terrain et la coopérative. « C’est un souci de renouveler ». Léa Terrier, Camille André, Tifenn Abgrall et Constance Le Bellec – Élèves de BTSA Acse au Lycée Pommerit (22)

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