Morbihan

Les propriétaires veulent augmenter les prix de location

C’est une demande récurrente des propriétaires. Réunis en assemblée générale, vendredi dernier à Vannes, ils estiment que la réévaluation de septembre dernier est insuffisante.

Près de deux mille hectares de surface agricole disparaissent chaque jour dans le département. L’urbanisme, les routes, les zones artisanales sont responsables du phénomène. « Pas seulement », rectifie Patrick De Kerizouet, président de la Fédération départementale de la propriété privée rurale. « Le manque d’attractivité et le manque de rentabilité du foncier conduisent nombre de propriétaires à prendre d’autres options que la location quand ils le peuvent ». 800 hectares sont, selon lui, boisés ou laissés en friche chaque année dans le Morbihan au détriment de la production agricole.

Une réévaluation de prix insuffisante

La rentabilité est jugée insuffisante. L’indice du fermage a augmenté récemment suite à un arrêté promulgué par la préfecture. « L’équivalent de 20 € par hectare. C’est loin d’être suffisant pour motiver les propriétaires à louer leurs terres. Ce prix de fermage politique est totalement déconnecté de la réalité économique et notoirement sous-évalué ». Le faible prix de la terre fait, par ailleurs, selon Patrick De Kerizouet, obstacle aux investisseurs. « C’est le plus faible d’Europe, et, en France, c’est la Bretagne qui est au plus bas ». La Safer est accusée de bloquer l’évolution des prix et de décourager les investisseurs potentiels. « Si ces investisseurs trouvaient leur compte, les jeunes qui s’installent n’auraient plus à supporter le poids du foncier. Tout le monde serait gagnant et les terres libres ne seraient plus affectées au boisement ».

La Commission des Structures est également au banc des accusés. Coupable, selon le président, d’imposer aux propriétaires, dans certains cas, des candidats exploitants dont ils ne veulent pas. « Les adhérents des syndicats d’agriculteurs doivent réaliser qu’ils pourraient être, un jour, confrontés à cette situation. En fait, cette commission ne sert à rien puisque l’avis de ses membres n’est jamais pris en compte. Le schéma directeur est purement et simplement appliqué ». Le syndicat de la propriété privée reste ouvert au dialogue. Une réunion avec la FDSEA et les services de la préfecture est prévue prochainement. « Il y a 24 000 propriétaires qui louent de la surface agricole. La moitié d’entre eux a moins de 10 hectares. Ce sont souvent d’anciens agriculteurs, ce ne sont pas des propriétaires historiques. Nous demandons qu’ils soient entendus ». Bernard Laurent

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