Et si vous aviez ensilé votre méteil en mai ?

meteil-mai-ensilage - Illustration Et si vous aviez ensilé votre méteil en mai ?

Il existe deux leviers pour améliorer la valeur alimentaire des ensilages de méteils : la composition de l’association et la date de récolte.
 Résultats d’essais réalisés par un groupe d’éleveurs d’Ille-et-Vilaine.


Depuis deux ans, des éleveurs d’Ille-et-Vilaine, ont souhaité tester des méteils, avec plus de protéagineux, à la recherche d’un fourrage riche en protéines, plus valorisable en vache laitière. Pour cela, ils ont opté pour des mélanges d’avoine ou de triticale (15 kg/ha de céréale) avec du pois, de la vesce et de la féverole, dans des proportions plus importantes (30 kg/ha minimum) que ce qui est réalisé habituellement (voir tableau 1). « L’objectif ensuite est d’ensiler le méteil au stade début épiaison de la céréale et floraison de la protéagineuse, pour viser un fourrage à 16 à 18 % de MAT », fait remarquer Jérémy Guil, conseiller agronomie à la Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine, lors du Salon de l’herbe à Nouvoitou (35), les 3 et 4 juin. Cette fauche précoce s’insère bien dans des systèmes de maïs ensilage : la récolte précoce du méteil, la 1re quinzaine de mai, permet un semis de maïs avec un indice précoce à la suite.

Plus de valeur alimentaire et moins de rendement

La récolte classique, de la mi-juin à la fin juin, au stade laiteux-pâteux de la céréale, favorise le rendement, au détriment de la MAT (voir tableau 2). « Pour la récolte 2014, les fourrages ont atteint 15 % de MAT, avec des rendements de 4 à 6 t MS, voire 7 à 8 t/ha pour les plus élevés », rapporte le conseiller. Pour cette campagne, l’hiver doux a rendu disponible l’azote présent dans le sol pour les céréales. Le botrytis et quelques gelées ont par contre fait disparaître la féverole… Forts de ces enseignements, les éleveurs ont défini des repères pour guider le semis et favoriser le maintien de la protéagineuse dans le mélange : défavoriser la céréale en décalant le semis de 15 jours, semer plus profond (la féverole est plus résistante au gel et la céréale talle moins), pas d’apport azoté en sortie hiver mais, si la céréale est trop développée, apport de 30 unités d’azote début avril pour éviter les carences et augmenter la MAT de la céréale. Ces analyses seront poursuivis l’année prochaine avec des analyses Jubil (mesure de la teneur en nitrate à la base de la tige) durant la campagne. Quelle que soit la date de récolte par contre, il y a peu d’influence sur la teneur énergétique.

Récolter des méteils à plus de 30 % MS

« Mais plus la proportion de protéagineux est importante dans le mélange, moins la teneur en matière sèche du fourrage sera élevée », rappelle l’agronome. Et plus le risque de verse est présent… D’où une récolte précoce, mais il faut que le fourrage atteigne plus de 30 % de matière sèche (MS) pour être bien conservé en ensilage. Pas toujours facile de trouver la fenêtre idéale début mai pour y parvenir. Les conditions de récolte sont alors importantes. « Le mieux est de faucher à plat, sans conditionner, après la levée de rosée », explique Benoît Possémé, ingénieur fourrages à la Chambre d’agriculture de Bretagne. Et de poursuivre : « Laisser sécher le fourrage 1,5 jour, sans y toucher. Reprendre le fourrage seulement pour l’andainage. » Sinon, il convient de faner juste après la fauche. 
Carole David


Tags :
Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article