Productions Agricoles

Des souches de SDRP pourraient faire des dégâts sur les porcs

L’OVS Porc Bretagne mène un programme de lutte contre le SDRP. L’un des 3 volets consiste à étudier les effets de l’introduction d’une souche hyper-virulente du virus. Ils seraient dévastateurs.

Elle circule en Europe de l’Est. Elle a été isolée il y a quelques années en Biélorussie. Son nom : Léna. Sa particularité : hyper-violente. Comme les souches qui circulent en Amérique du Nord. Elle se tient, pour le moment, à l’écart des pays de l’Europe de l’Ouest. Que se passerait-il si elle parvenait à franchir les frontières et à atteindre la Bretagne ? L’Anses travaille avec l’OVS, l’organisme de veille sanitaire, pour tenter de connaître les effets d’une éventuelle contagion et d’anticiper les problèmes. Elle a comparé, en station expérimentale, les effets pathogènes de cette souche avec ceux d’une souche bien implantée dans les élevages bretons, nommée Finistère, sur des animaux d’une même bande EOPS (porcelets indemnes de toute maladie). Résultat : 40 % de mortalité sur le lot de porcelets infectés par la souche Léna, une baisse importante de la consommation alimentaire et une diminution marquée du GMQ. Les animaux inoculés par la souche Finistère ont montré une élévation de la température rectale, sans mortalité. Leur consommation et leur GMQ n’ont été que peu altérés. Les analyses virologiques montrent que la souche Léna induit une virémie 100 fois plus importante. « On peut s’attendre à ce que les symptômes observés soient encore plus marqués sur des porcs conventionnels, dans les élevages, en raison d’une pression infectieuse importante (présence de virus et de bactéries pathogènes) », précise Nicolas Rose, chercheur à l’Anses, qui tempère aussitôt : « On peut quand même espérer un peu d’immunité dans des élevages conventionnels bretons, déjà atteints par une souche telle que Finistère ». Pour ne pas avoir à en juger sur le terrain, il convient de mettre en œuvre des mesures de biosécurité adaptées afin de prévenir l’introduction d’une telle souche sur le territoire français. « Les vaccins disponibles ont montré une efficacité limitée envers la souche Léna ». Les animaux provenant de l’étranger sont contrôlés. La semence importée ne l’est pas ; elle est susceptible de véhiculer les virus…

La gestion raisonnée du transport pour protéger les élevages négatifs SDRP

Marcel Corman, président de l’OVS porc, se félicite de l’engagement des organisations de producteurs dans la charte de protection des élevages négatifs (ramassage des porcs dans les élevages sains en début de tournée). La fédération des transporteurs est favorable à sa mise en œuvre. Les abatteurs devraient suivre. Cette charte préfigure ce que pourrait être un plan de gestion des transports en cas d’accident sanitaire grave. L’exemple de la DEP (diarrhée épidémique) en Amérique du Nord est révélateur : la filière canadienne a bien contenu l’expansion du virus grâce à des mesures de biosécurité strictes au contraire des États-Unis, qui ont réagi bien trop tard. La gestion raisonnée du transport, en intégrant les statuts SDRP négatifs, sera donc profitable pour toute autre pathologie en cas de crise sanitaire majeure. Sa mise en place devrait se faire dans les mois prochains.

Le lisier à l’œil

Les deux autres volets du programme de lutte contre le SDRP consistent, pour le premier, à protéger les élevages négatifs. L’Anses étudie et tentera de hiérarchiser les facteurs liés à l’infection. Les vétérinaires vont pouvoir, dès la fin de l’année, appliquer une nouvelle méthode de prélèvement par fluide oral, bien plus aisé, (en remplacement des prises de sang) pour le dépistage et le suivi. L’évaluation du risque de contamination lié à l’épandage de lisier est en cours. Il ne serait pas très important au vu des premiers résultats. Le second volet du plan de lutte est un projet de recherche en vue d’optimiser l’efficacité de la vaccination. Bernard Laurent

Guernevez, toujours négatif SDRP malgré 1900 visiteurs par an

Pas de douches à l’entrée. Trop compliqué et sans doute dissuasif pour les visites, mais des règles de biosécurité strictes et appliquées (vestiaire spacieux et fonctionnel, changement de tenues, bottes spécifiques, lave bottes propre, pédiluves…). Des mesures qui, avec la signature d’un registre à l’entrée (identité des personnes, date, heure…), responsabilisent les visiteurs professionnels. L’élevage de 183 truies, conduit en 7 bandes, est renouvelé par achat de cochettes (quarantaine de 9 semaines). La route, où circulent régulièrement des camions transportant des porcs, longe l’élevage, du côté est. Les camions d’aliment passent, quant à eux, côté ouest et constituent un risque. La quarantaine, visitée en fin de journée, et le local d’équarrissage sont bien situés à l’écart des bâtiments. Un gros atout : la densité d’élevage est faible dans le secteur….

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