Productions Agricoles

Le « Porc authentique » se vend à prix fixe

Élevé sur paille et sans antibiotiques en engraissement, le porc « Authentique » veut se faire un petit nom. Pascal Perot, de Saint-Donan (22), valorise toute sa production dans des boucheries locales.

Comment valoriser le fait d’élever tous ses porcs sur paille, Pascal Perot, éleveur à Saint-Donan, a trouvé la solution. Il commercialise, depuis deux ans, les 1 350 porcs qu’il élève chaque année via la nouvelle filière « Porc authentique, élevé sur paille ».

« Les labels existants sont dans des circuits longs classiques et acceptent les porcs élevés sur caillebotis. Ils ne se démarquent pas suffisamment de la production standard », explique l’éleveur. Il est entré dans le réseau « Cohérence » qui a défini un cahier des charges pour une production durable. La greffe a pris dans la région de Saint-Brieuc où 18 bouchers proposent désormais la viande issue des quelques élevages qui respectent ce cahier des charges : élevé sur paille avec 1,5 m2/porc, sans antibiotiques en engraissement, nourri à l’aliment sans OGM, enrichi en graine de lin (adhésion au label Bleu-Blanc-Cœur Oméga 3) et respect du plafond de 140 unités d’azote par hectare (au lieu des 170 unités habituelles).

Un prix fixe, qui tient compte du coût de revient

L’éleveur achète ses porcelets à 25 kilos à un naisseur conventionnel. Les céréales produites sur les 54 hectares de l’exploitation sont vendues et deux aliments du commerce sont achetés pour les animaux, qu’il vend aux alentours de 100 kilos de carcasse. « Aujourd’hui, c’est moi qui gère la commercialisation. Je facture mes carcasses aux bouchers » .  À un prix rémunérateur, qui couvre le coût de revient, et qui est défini à l’avance et pour une année, avec ses clients bouchers. L’abattoir est un prestataire de service. Il y achemine ses porcs en bétaillère, en fonction des commandes et reprend les carcasses qu’il livre aux boucheries en camion réfrigéré. « Globalement, en 2 ans, j’ai quasiment divisé ma production par deux. Mais je m’en sors mieux économiquement. La marge par porc compte bien plus que le nombre d’animaux vendus. Je ne subis plus la volatilité des prix et je connais quasiment le revenu de l’année à venir ».

Pascal-Perot-Jean-Bernard-Fraboulet-Annaick-Leveque
Pascal Perot, éleveur, entouré de Jean-Bernard Fraboulet et d’Annaïck Lévêque, de l’association Cohérence.

La charge de travail supplémentaire liée à la commercialisation est, pour lui, une source de motivation. « Le contact avec les clients est enrichissant ». La démarche « Porc authentique » en est encore à ses débuts. La volonté des responsables de la filière est d’étendre le réseau en motivant de nouveaux producteurs. Les bouchers locaux, eux, semblent séduits par la démarche.

L’avis de Christophe Derriennic, Boucher à Chatelaudren (22)

Jusqu’en 2012, je ne proposais que du porc standard à mes clients. Toutes mes autres viandes provenaient d’un circuit non conventionnel. Il y avait donc un manque pour une boucherie locale qui veut se démarquer des réseaux de distribution concurrents. Les responsables du réseau « Porc authentique » sont passés me voir. Après une visite en élevage (chez Pascal Perot) et un essai concluant, je me suis engagé dans la démarche, convaincu de la qualité des produits. Je vends 3 à 4 carcasses par semaine. Le prix est un peu plus élevé que le porc standard (1 à 1,5 €/kg) mais j’ai des arguments pour convaincre ma clientèle.
L’élevage sur paille et l’absence d’antibiotiques bien sûr, mais c’est surtout, et je ne m’y attendais pas, le label Bleu-Blanc-Cœur (viande naturellement riche en Oméga 3) qui m’a permis de gagner quelques clients. La présentation est un plus : la viande est plus colorée et de bonne tenue. L’autre avantage, c’est qu’il s’agit d’un simple engagement entre moi et un éleveur local que je connais bien désormais.

Bernard Laurent

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