Dossiers

Chariots télescopiques

Se former pour conduire en sécurité

La MSA travaille sur la mise en place d’une formation à la conduite en sécurité des chariots télescopiques en agriculture, pour promouvoir les bonnes pratiques d’usage et de sécurité. Priorité aux salariés…

Même si la manipulation des animaux est la première cause d’accident en élevage, « la conduite et l’utilisation d’engins de levage à bras télescopiques en exploitation peuvent être génératrices d’accidents et d’incidents dont les conséquences peuvent être graves », rapporte Matthieu Bourdet, conseiller prévention à la MSA d’Armorique. Manipulation de charges, attelage et dételage d’outils, déplacement sur route et aux champs, opérations de maintenance… L’analyse du contexte des accidents liés aux télescopiques  permet de mettre en évidence « des circonstances défavorables » : jeune âge et déficit de formation et d’expérience des conducteurs en matière de sécurité ; méconnaissance de ce type d’engin d’abord dédié aux travaux publics et qui est venu remplacer le tracteur dans les exploitations ; co-activité de différentes personnes sur un même site ; nature de la surface (sol en pente, mou, instable…) ; puissance et gabarit des outils interchangeables ; défaut de maintenance ; mauvais usage (levage de personne, non-respect des abaques de charge…).

Matthieu Bourdet, conseiller prévention à la MSA d’Armorique.
Matthieu Bourdet, conseiller prévention à la MSA d’Armorique.

« Or les employeurs ont une obligation en matière de prévention et de sécurité : ils doivent délivrer à leurs salariés une autorisation de conduite », rappelle Matthieu Bourdet, qui concède que les exploitants « ne disposent pas dans tous les cas du temps et des moyens nécessaires pour vérifier les savoir-faire et former les nouveaux embauchés ».

Autorisation de conduite obligatoire

Matthieu Bourdet attire l’attention des agriculteurs sur la transmission du volant lors d’une embauche ou de l’accueil d’un stagiaire. À l’heure actuelle, « un salarié agricole n’a qu’une obligation pour conduire un chariot télescopique sur l’exploitation » : posséder une autorisation de conduite. « C’est un document qui doit être donné par l’exploitant employeur. » Il répond à trois obligations. « D’abord, s’assurer que le salarié est apte, c’est-à-dire qu’il n’a pas reçu d’avis d’inaptitude  par le médecin du travail à la conduite des engins de levage. Ensuite, former ou faire former le salarié et tester sa capacité à conduire en sécurité. Enfin, vérifier sa bonne connaissance des lieux, des accès, du sens de circulation… » Pour le télescopique sur route, les exigences et les règles sont les mêmes qu’en tracteur. Mais n’oublions pas qu’un mineur n’est pas autorisé à conduire un télescopique sur route.

Formation spécifique agricole cet hiver

S’il existe un référentiel Caces permettant d’évaluer l’aptitude technique des candidats pour le régime général de protection sociale, « aucun dispositif n’intègre les spécifici-tés du travail en exploitation agricole. » C’est pourquoi les MSA d’Armorique et des portes de Bretagne ont travaillé à la rédaction du cahier des charges. Déjà testé sur le terrain, notamment avec des classes de BPREA, ce stage de 3 jours (21 h) consécutifs, intitulé « formation et vérification à l’aptitude à la conduite en sécurité des chariots de manutention et de levage à usage agricole », alterne séquences théoriques en salle et mise en situation en exploitation. « Au terme de la session, l’utilisateur doit être capable de vérifier la conformité de la machine, interpréter les pictogrammes des dispositifs de commande et de danger, vérifier les organes de sécurité et de signalisation de sa machine, procéder aux interventions de maintenance et d’entretien journaliers, connaître les règles liées au convoyage, au balisage et à la circulation des engins sur la voie publique et sur les chantiers… » Le candidat sera d’ailleurs testé par un évaluateur  en fin de programme lors d’un exercice pratique avec l’engin. « L’attestation de formation indiquera les points à améliorer et une autorisation de conduite personnalisée, à compléter par l’employeur, sera remise au candidat reçu. » L’hiver prochain, « hors des périodes de grands chantiers », ces formations seront proposée­s en Bretagne. « Les groupes ne pourront excéder 8 personnes pour assurer la qualité de la transmission. »

Dans un premier temps à destination des salariés, ils pourront être ouverts également aux exploitants. Toma Dagorn

Contact : MSA : 02 96 78 88 58

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