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Mieux s’organiser en bovins viande

Synchronisation rime avec organisation

Pour l’éleveur d’allaitantes qui choisit l’IA, synchroniser les chaleurs constitue une voie pour réduire l’astreinte liée à la détection des chaleurs et à l’insémination.

En termes de groupage des vêlages, on ne fait guère plus simple qu’avec un taureau : pas de temps d’astreinte pour détecter les chaleurs ; pas de travail pour ramener les vaches au box d’insémination. Mais quand on est attaché à la génétique et au choix individuel du taureau en fonction des qualités et défauts propres à chaque vache, cette formule « laissons faire la nature » n’est pas satisfaisante.

Grouper 40 vêlages en deux périodes

C’est aussi l’avis de Jean-Philippe Rigaud, éleveur d’une quarantaine de Blondes d’Aquitaine à Saint-Gildas, qui privilégie l’accouplement individuel des femelles de son troupeau. « Il y a d’abord l’aspect facilité de naissance. À ce niveau, je suis particulièrement prudent pour les primipares, mais aussi pour les vaches adultes. Puis, je suis attentif aux qualités maternelles et aux facilités de vêlage des futures reproductrices ». Procéder ainsi passe inévitablement par la case insémination.
Parce que l’insémination est relativement chronophage – « d’autant qu’une Blonde vient difficilement en chaleur quand elle est en stabulation ou l’exprime mal » –  Jean-Philippe Rigaud a choisi d’essayer la synchronisation des chaleurs en 2014. « En lien aussi avec le fait que j’ai trois productions (vache allaitante, porc à l’engrais et volaille label) sur l’exploitation et qu’il faut donc être organisé ».
« Mon idée est d’avoir deux périodes de vêlage, avec si possible plus de naissances en hiver-printemps pour optimiser l’occupation des bâtiments. En résumé, les vêlages de printemps ont lieu à l’extérieur et les broutards nés en hiver sont vendus avant la rentrée à l’étable ».

Conduite du troupeau

  • Objectif âge à l’insémination des génisses : 18-20 mois
  • Ration des génisses et des vaches en hiver : maïs ensilage (1 heure de consommation le matin), foin ou enrubannage, orge, correcteur (colza+ soja).
  • Pas de flushing en concentré ou minéral avant IA.

Pâturage :

  • prairies temporaires et permanentes sur deux sites (distants de 3 km).
  • RGI + trèfle incarnat entre céréales et maïs : pâturage à l’automne, suivi d’un pâturage précoce au printemps (avant le 1er avril).

Premiers essais convaincants

Le premier groupage a concerné 8 vaches en mars 2014. Premier essai concluant puisque toutes ont été remplies du premier coup. « Les vaches synchronisées sont toutes échographiées à 35 jours de gestation présumée », ajoute-t-il.
Un deuxième groupage a été effectué le 20 juin 2014. Avec moins de réussite puisque 8 vaches sur 15 ont retenu à la 1re IA. Le 3e lot synchronisé comptait 19 femelles dont 10 génisses. Résultat des courses pour ce lot : 16 femelles pleines à la 1re IA. Jean-Philippe Rigaud fait un premier bilan sur ces 3 lots : 32 femelles sur 42 pleines en 1re IA, soit un taux de réussite de 75-80 %.
Pour cet éleveur costarmoricain, le groupage doit contribuer à parvenir à l’objectif d’un veau par vache et par an. « Car le repérage des chaleurs en Blonde est parfois difficile. Elles ont des chaleurs fugaces et discrètes. Même en allant les voir deux fois par jour, on n’est pas sûr de toutes les observer ». Quant à l’échographie systématique, elle permet de relâcher l’attention sur la surveillance. « Sinon, on a toujours le doute d’un retour non vu », dit-il. Cette économie de temps compense bien l’investissement autour de 25 €/VA pour la synchronisation.

blonde-aquitaine
Avantage de la synchronisation : des lots de veaux homogènes.

Moins de manipulations

Reste la contrainte de la mise en œuvre du groupage souvent mise à l’index par certains éleveurs. « Personnellement, je ne trouve pas cela pénible. D’autant qu’en hiver, les vaches sont habituées à être bloquées tous les matins pour manger le maïs », observe l’éleveur qui met en parallèle le temps passé à rentrer le troupeau quand on pratique l’IA au coup par coup. « En groupage, il y a seulement 4 opérations sur 3 jours et ce, quelle que soit la taille du lot : la pose de la spirale pour bloquer les cycles (le mardi) ; l’injection de prostaglandines (le mardi suivant) ; l’injection de PMSG et le retrait des spirales (le mercredi) ». L’insémination étant pratiquée 56 heures plus tard, c’est-à-dire le vendredi. Didier Le Du

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