Dossiers

Mieux s’organiser en bovins viande

Gain de temps sur l’alimentation et au vêlage

Distribution d’aliment pour plusieurs jours, détecteur de vêlages, arrêt du maïs et du foin… Vincent Caillard a joué sur plusieurs tableaux pour se simplifier le travail sur son élevage naisseur engraisseur de 110 vaches allaitantes.

Vincent Caillard fait partie de ces éleveurs performants sur l’organisation du travail. Une thématique qu’il a d’ailleurs travaillée au sein du groupe Geda auquel il participe. Installé à Sens-de-Bretagne (35), il élève 110 vaches blondes d’Aquitaine, avec l’appui de son père et quelques stagiaires. Il produit également des jeunes bovins et engraisse toutes les femelles, la plupart étant triées après le premier vêlage. Sur plusieurs astreintes et travaux, le producteur parvient à gagner du temps au quotidien.

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« Les taurillons sont alimentés deux fois par semaine », précise Vincent Caillard.

Les femelles, alimentées tous les deux jours

« Les femelles sont alimentées tous les deux jours, avec une ration à base de paille et d’ensilage d’herbe, les taurillons deux fois par semaine, avec une alimentation à base de paille et d’aliment fait sur l’exploitation », explique le producteur qui dispose d’un bol mélangeur. Réalisé avec le même outil, le paillage, est par contre, effectué tous les jours. Sur la SAU de 97 ha, poussaient 78 ha d’herbe et 20 ha de méteil en 2014. Cette année, seuls 9 ha sont implantés en orge, le reste est en herbe. Les vaches profitent des prairies groupées autour du siège d’exploitation, gérées en pâturage tournant tous les 3 – 4 jours. L’eau arrive par tuyaux dans des bacs à niveau constant, et les veaux ne sont pas complémentés. Le producteur ne cultive plus de maïs. « La récolte d’herbe se fait à l’autochargeuse, je ne fais pas de foin. » Chaque année, 500 t de paille sont achetées. Disposant d’une Faf (due à un précédent Gaec), Vincent Caillard produit lui-même son aliment pour les taurillons et les femelles en engraissement, à base de luzerne, de pulpe de betteraves, de maïs grain, de lin, de tourteaux de colza et de mélasse.

Des poids lourds

Sur l’exploitation, la productivité est forte avec 805 kg produits/VA et 438 kg/UGB. À titre de comparaison, l’élevage cas-type breton naisseur engraisseur en Blonde d’Aquitaine sort 691 kg/VA et 355 kg/UGB. Les femelles sont au maximum vendues en Label, à des poids proches de 500 kg de carcasse. Les taurillons sont commercialisés à 20-23 mois, à près de 560 kg de carcasse. Un poids élevé qui correspond à un marché de niche auquel répond l’éleveur. La bonne performance de l’atelier permet d’obtenir en 2014 une marge brute de 1 569 €/ha SFP et de 1 325 €/VA. « 2014 était une bonne année pour l’herbe, avec moins d’aliment distribué, et pas de complémentation azotée aux femelles », commente Vincent Caillard.

Quatre capteurs pour détecter les vêlages

Sur l’exploitation, les vêlages (120 à 130 par an, à trois ans en moyenne) ne sont pas groupés, mais sont moins nombreux en hiver. « Je préfère des vêlages plus dispersés pour étaler le travail, mieux gérer le sanitaire et mieux répartir les ventes », note Vincent Caillard qui s’est par ailleurs équipé d’un détecteur de vêlage (SmartVel) il y a deux ans. « J’en suis très satisfait. J’ai quatre capteurs en tout qui sont posés de trois semaines à un jour avant vêlage, sur les primipares et les vaches. Cela me fait gagner du temps dans la surveillance des naissances. » Équipée en caméras de surveillance, une des trois stabulations de l’exploitation est dédiée aux vêlages, qui se font en bâtiment. Cinq cases de vêlage y sont installées.

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Les vaches allant vêler sont regroupées dans un bâtiment dédié.

Quatre taureaux et pas d’IA

En monte naturelle uniquement, la reproduction est assurée par quatre taureaux, ce qui permet aussi à l’éleveur de gagner du temps. Dans le grand bâtiment de 100 m de longueur, qui loge les vaches suitées et les taurillons, l’alimentation est repoussée au téléscopique. Le curage du fumier des vaches est réalisé une fois par an, et deux fois par an pour les taurillons. L’éleveur progresse rapidement sur un autre point : la génétique, avec un Ivmat qui atteint aujourd’hui 103, alors que la moyenne de la race se situe à 98,5. Une orientation qui va dans le sens d’un gain de temps également. Agnès Cussonneau

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