L’herbe attend la pluie

croissance-herbe-bretagne - Illustration L’herbe attend la pluie

La pousse de l’herbe n’est pas au rendez-vous. La mise à l’herbe précoce conjuguée aux fortes gelées et au temps sec pénalise le début de saison.

Cette année, la mise à l’herbe a pu se faire tôt. Sauf, qu’il n’y a pas d’herbe. Ou trop peu. Au moins un élément positif dans ce tableau printanier au rabais : l’objectif de terminer le déprimage avant la fin avril ne sera pas difficile à atteindre et la pression de pâturage exercée en début de saison devrait être propice à une pousse de qualité car toute l’herbe sénescente (la vieille herbe) aura été consommée. À condition toutefois de ne pas revenir trop rapidement sur la parcelle : en période de pleine pousse, la production d’herbe à dominante ray-grass (anglais / trèfle blanc) est exponentielle. Par exemple, une récolte à 20 jours donnerait 2 900 kg contre 6 600 kg à 30 jours.

Fertilisation azotée

Pour les prairies pâturées, il est judicieux d’apporter l’azote juste après la sortie des animaux alors qu’en prairie de fauche, il est préférable d’attendre la reprise de végétation de l’herbe, soit une dizaine de jours.
Les engrais comme le nitrate d’ammonium, le sulfate d’ammonium ou l’urée sont tous valorisés par les prairies. Néanmoins, des risques de volatilisation sont réels avec l’urée. Mieux vaut l’utiliser en sortie d’hiver. L’apport par temps sec réduit l’efficacité de tous les fertilisants. Par temps sec et venteux, il faudrait majorer les apports de 30 % a calculé Arvalis. A l’heure où chaque unité est comptée, ce n’est pas le bon calcul. Idéalement, il faut au minimum 15 mm de pluie pour bien valoriser l’engrais.

Mesurer avec les bottes ou au mètre-ruban

Un autre repère, pour savoir quand rentrer à nouveau les vaches dans la parcelle, consiste à mesurer la hauteur d’herbe très simplement avec les bottes :
• 5 cm : l’herbe arrive à hauteur du talon.
• 8 cm : l’herbe arrive au niveau de la cheville.
• 10 cm : l’herbe arrive au bas du mollet.
• 15 cm : l’herbe arrive à mi-mollet.
Il faut éviter de pâturer en dessous de 5 cm : en cisaillant les feuilles qui tirent la plante vers le haut, on hypothèque le rendement de la parcelle. La graminée met en effet plus de temps à repartir car elle doit auparavant fabriquer des feuilles pour optimiser la photosynthèse. Une autre méthode consiste à mesurer l’herbe au mètre-ruban. Avec ce repère, entrer les animaux à 16/18 cm (22/25 cm pour les vaches allaitantes). En dessous de cette valeur, l’herbe n’a pas eu le temps de pousser suffisamment pour exprimer son potentiel. Il faut donc jouer avec les stocks pour laisser le temps à la pâture de refaire ses réserves. Didier Le Du

Réussir le semis de printemps

Après des années de matraquage en faveur du semis d’automne, le semis de prairie de printemps est à nouveau à la mode. La règle : ne pas semer trop tôt, ni trop tard. Trop tard peut être risqué si l’année devient sèche. En moyenne, ce type de semis est possible jusqu’à fin avril en zone humide.
Le semis de printemps permet de décaler la production d’herbe et de produire un fourrage de très bonne qualité (très riche en sucres et en protéines). Ce qui compense la perte de rendement par rapport à un semis d’automne. Pour doper les rendements et favoriser l’installation, des agriculteurs pratiquent le semis sous couvert d’avoine.


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