Productions Agricoles

La recherche légumière s’applique à faire « mieux avec moins »

Stations expérimentales, organisations de producteurs, Chambre d’agriculture, semenciers… Tous les maillons professionnels bretons de la filière légumière sont partie prenante dans la recherche.

Produire autant sinon plus, pour assurer le revenu des producteurs de légumes de plein champ et en serre, répondre au cahier des charges du Cérafel et respecter les attentes sociétales et environnementales… Tels sont les leitmotivs des acteurs de la filière légume. Des acteur qui, jeudi 16 avril,  lors de l’assemblée générale du Caté, comité d’action technique et économique de la zone légumière du Nord-Finistère, à Saint-Pol-de-Léon (29), ont insisté sur le fonctionnement du réseau de partenaires dans le domaine de la recherche.

Vers plus de productivité

« La productivité est le premier critère à ne pas perdre de vue, c’est nécessaire pour gagner notre vie », a introduit Daniel Le Duff, producteur de tomates sous serre à Plouescat (29). Recherche variétale, diversification, économie d’énergie, réduction des doses de produits phytosanitaires homologués ou lutte intégrée, validation des protocoles de techniques culturales… Tous les axes de recherche doivent y répondre : obtenir un rendement au moins équivalent mais avec moins d’intrants.

Une serre expérimentale innovante pour 2016

« Faire autant avec moins, c’est déjà pas mal, mais faire plus et mieux, avec moins, c’est encore mieux », lance Jean-Denis Crenn, président du Caté. Et d’insister : « Mais pour répondre à ces critères, l’expérimentateur a besoin d’outils performants. » Aussi, avec le Caté et sous l’égide du Cérafel, l’ensemble des producteurs de tomate fédérés en organisations de producteurs (Saveol, Sica de Saint-Pol-de-Léon, UCPT et Solarenn), s’est constitué porteur de projet pour la réalisation d’une nouvelle serre expérimentale, qui devrait se concrétiser en 2016.

Un objectif atteint par l’acquisition de références efficaces et testées dans le bassin de production. « Aussi, pour lutter contre le mildiou de l’artichaut, les tests ont montré qu’il n’y a pas de différence d’efficacité entre une application à 2 ou 3 L/ha (dose homologuée) avec Étonan », apporte Damien Penguilly, du Caté. « La productivité peut même être améliorée dans certains cas », rebondit Thierry Bizien, producteur de tomates sous serre à Landunvez (29). Les derniers essais de 2014 le prouvent : avec un échange thermique à double flux, cumulé aux effets des écrans thermiques, les gains d’énergie s’améliorent, avec une progression possible du rendement de 5 %.

Recherche de solutions alternatives

« En groupe, on progresse et on recherche des plans B », décrit Jean-Paul Kerrien, producteur en agriculture biologique à Taulé (29). Car il faut toujours être en quête de solutions alternatives, dans un environnement économique où, sur 1 300 matières actives disponibles il y a 20 ans, seules 30 % sont toujours présentes. La diversité des cultures n’incite pas les firmes phytosanitaires à engager des dossiers coûteux d’homologation de produits.

Prendre des risques

« Aussi, il est important que la coordination technique sur le terrain recense les impasses. De plus, les expérimentations appuient la crédibilité des professionnels quant à leurs demandes de dérogation pour certains produits, comme pour le pelliculage des semences de chou-fleur contre la mouche du chou ou l’utilité d’une solution herbicide en artichaut, en complément des 10 passages de bineuse pour désherber correctement les parcelles… », insiste Joseph Rousseau, président du Cerafel.
« Expérimenter, c’est prendre des risques. Mais ce risque est également important si les références issues de l’expérimentation deviennent trop vite réglementaires », rajoute Jean-Luc Péden, de la Chambre d’agriculture. Il faut aussi prendre en compte le temps de diffusion et d’appropriation des nouvelles données sur le terrain.
 Carole David



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