Côtes d'ArmorEnergies et environnement

Agronomie : L’érosion emporte le meilleur

La méthode Hérody consiste, plutôt que de se fier uniquement à des analyses en laboratoire, d’observer son sol pour comprendre son fonctionnement dans sa globalité.

La colle permettant de lier les composants du sol sont essentiels pour limiter l’érosion. Les micro-organismes du sol – plus précisément des microbes – sont des acteurs majeurs de cette cohésion et de fertilité. « Les végétaux produisent des sucres pour nourrir les microbes du sol. Sans plantes, ces microbes vont attaquer l’humus ou même, à l’automne, les liants des particules. Dans ce cas, le sol s’effondre. Sous nos climats, l’érosion chimique et particulaire est insidieuse du fait d’une météo peu violente. Les couverts végétaux, en plus de leur apport d’énergie à la destruction, apportent ces sucres en période hivernale », explique Yves Hardy, agronome indépendant, lors d’une journée terrain organisée par le Smega et le Gab d’Armor, sur les terres de Claude Lasbleiz, à Trévérec.

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La terre est de couleur ocre :
le sol est colmaté, la circulation de l’eau impossible.

Observer le chevelu racinaire

Les sols nord bretons, formés par des limons éoliens, peuvent atteindre plusieurs mètres. « Ce sont des sols qui se tassent facilement, mais qui se travaillent également facilement ».
Le sol de l’exploitation proche de Lanvollon est plutôt brun en surface, « signe de présence de matière organique. Plus en profondeur, à 40 cm, sa couleur devient plus claire. La texture du sol est inchangée, mais sa teneur en matières organiques est plus faible. Par contre, une différence de porosité favorisera le lessivage par l’eau en profondeur dans le cas où les premiers centimètres sont compactés. La meilleure observation du compactage reste le développement du chevelu racinaire : s’il est bon, pas besoin de passer des outils profond de décompaction », conseille l’agronome. Dans ce champ de blé, les racines se développent, la culture est saine.

Inversion thermique

Tel un médecin, Yves Hardy prend la température de la parcelle au sens propre comme au figuré. « Nous sommes ici à une température de 10°C en surface, et de 9,4°C à 50 cm. L’inversion thermique a eu lieu : en hiver et au début de printemps, la terre est plus chaude en profondeur qu’au niveau 0. Pour un semis de maïs, il faut attendre d’atteindre les 12°C ».

Colmatage à 1 mètre

Sur une autre parcelle, la couleur de la terre diffère en profondeur. « Ici, le sol est brun en surface, blanc à 40 cm et ocre à 1 mètre. L’eau ne passe plus, le lessivage n’est plus de surface mais devient transversal. Les racines de la céréale n’ont pas pu se développer convenablement car la structure s’est effondrée. Les sols ont besoin de peu de minéraux, mais la porosité et l’activité microbienne restent essentielles pour la croissance de la plante ». Une culture de printemps sera plus appropriée l’année prochaine dans ce champ. Fanch Paranthoën

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