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Affourager en vert sans se mettre dans le rouge

Prestation de service : Le vert à la demande

Nombre d’ETA ont parié sur les remorques autochargeuses pour mener les chantiers d’ensilage d’herbe. Certaines, comme la SARL des Abers, proposent aussi l’affouragement pour « valoriser davantage le matériel en période creuse. »

Jonathan-Boulch-Yann-Faujour
Jonathan Boulch et Yann Faujour, deux des associés de l’ETA des Abers à Ploudaniel (29).

« Début octobre dernier, j’étais à court de maïs ensilage », se rappelle André Lichou, producteur de lait à Ploudaniel (29). Pour autant, il ne se voyait pas acheter de l’ensilage ou de l’enrubanné pour faire la jonction en attendant la récolte prochaine : « Je cultive depuis quelques années une association luzerne – dactyle. Dans les parcelles, le fourrage était à son stade optimum à ce moment-là. » Il s’est donc naturellement tourné vers la SARL des Abers, une ETA « à proximité, qui a le matériel adapté et qui offre une prestation de service d’affouragement en vert ». Pendant trois semaines, sur une surface de 4,5 ha, « tous les jours sauf le dimanche », un chauffeur a donc récolté à l’aide d’une remorque autochargeuse l’herbe fraîche pour la déposer « en vrac sur une plateforme à la ferme ». Un chantier quotidien d’une durée de 30 minutes pour une entreprise basée à 1 km de la parcelle, elle-même à 1 km de l’exploitation. Là, André Lichou reprenait le fourrage pour alimenter la mélangeuse : « J’y chargeais un fond d’ensilage, 500 kg brut pour 75 vaches et je complétais avec de la luzerne et une bonne dose de concentré. » L’expérience a été appréciée par l’éleveur : « En attendant l’ensilage des maïs précoces, le niveau de production par vache s’est maintenu à 29 kg de lait sans baisse des taux. Et derrière le chantier, les parcelles étaient propres. »

Le dactyle et la luzerne, verts complémentaires

André Lichou est satisfait de son association graminée – légumineuse. « La luzerne est plus lente au démarrage. En attendant son développement, le dactyle bouche les trous en occupant l’espace et prend le relais si la luzerne a une faiblesse. Et puis les maturités des deux espèces vont de paire. Enfin en termes d’équilibre azote – énergie, elles sont complémentaires. »

Encore anecdotique en volume et nombre de clients

Yann Faujour, Yann Kermarrec et Jonathan Boulch, les trois associés de la SARL des Abers proposent une prestation d’affouragement en vert depuis 18 mois. L’ensilage d’herbe à la remorque autochargeuse était une « spécialité » de la maison pour leur cédant. Le savoir-faire a été conservé. L’activité se développant même, l’entreprise possède aujourd’hui deux machines Pöttinger. « Une deux-essieux de 45 m3 et une trois-essieux de 55 m3. » De gros volumes pour gagner en vitesse de chantier face des fenêtres météo qui s’ouvrent aussi vite qu’elles se referment au gré des caprices du printemps. Alors pour « valoriser davantage ce matériel coûteux disponible sur le parc » (compter 90 000 € et 130 000 € pour les deux attelages), les associés se sont lancés. « L’affouragement en vert, c’est anecdotique en volume et en nombre de clients. Mais cela permet de faire tourner un chauffeur et un tracteur dans une période creuse. L’hiver est l’heure de l’entretien, mais c’est difficile d’occuper tout le monde à l’atelier. Alors une autochargeuse est toujours prête à démarrer en janvier et février. Plus on répond vite, plus les clients sont demandeurs… », explique Yann Faujour.

faucheuse-frontale-autochargeuse
La faucheuse frontale de 3 m de large et la remorque autochargeuse de 45 m3 de la SARL des Abers.

Autour de 120 euros de l’heure

Durant l’hiver 2013 – 2014, quatre éleveurs ont fait appel à l’ETA. « Les cours du soja était hauts. Ça a donné des idées : nous étions appelés pour récolter de l’herbe venant se substituer au tourteau », se rappelle Jonathan Boulch. « Nous avons ramassé du colza, des mélanges ray-grass – trèfles… Des parcelles non accessibles où le couvert était très développé en mars, encore trop tôt pour un ensilage… » Pendant une période, le chauffeur tournait près de 3 heures par jour pour trois exploitations à la suite. Une prestation facturée 120 € de l’heure. De fin janvier à début mars, un nouveau client a recouru au service des Abers pour récolter en vert une parcelle de 5 ha de colza. « Cette activité sera toujours imprévisible en fonction du prix du soja, du développement des couverts et de la météo… », concluent les entrepreneurs qui restent toujours prêts à mettre le contact « si besoin ». Toma Dagorn

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