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Affourager en vert sans se mettre dans le rouge

Une autochargeuse en Cuma plutôt que de l’occasion

Après avoir envisagé d’acheter une faucheuse-autochargeuse d’occasion pour remplacer sa Taarup et faire de l’affouragement en vert, Emmanuel Tirard, éleveur à Saint-Jean-le-Blanc (14), a finalement opté pour un investissement en Cuma.

« Après avoir recherché une autochargeuse d’occasion, je me suis dit que ça serait sûrement plus intéressant d’en acheter une neuve en Cuma. J’ai donc proposé à la Cuma à laquelle j’adhère d’investir dans ce matériel pour faire de l’affouragement en vert », raconte Emmanuel Tirard, éleveur à Saint-Jean-Le-Blanc (14). Il précise que pour une utilisation régulière de cet équipement pour faire de l’affouragement en vert, il ne faut pas être trop nombreux. Son voisin, Vincent Hue, éleveur à 2 km de chez lui était intéressé, ils seront donc deux à investir. « Elle est utilisée ponctuellement par d’autres adhérents pour récolter l’herbe loin de leur site d’exploitation en fin de saison de pâture. »

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Emmanuel Tirard, éleveur laitier en race Normande.

Valoriser les couverts végétaux

Cela fait déjà cinq ans que les éleveurs utilisent la faucheuse-autochargeuse de marque Bonino et d’une capacité de 28 m3. Elle a été achetée 30 000 € à l’époque. La Cuma a reçu une subvention de 25 % par le Conseil général. « Au départ, je souhaitais faire de l’affouragement en vert pour valoriser ma luzerne qui pousse bien l’été au contraire du RGA+TB. » L’objectif d’Emmanuel Tirard est tout de même de pâturer au maximum. Il utilise beaucoup l’autochargeuse durant l’été lorsqu’il manque d’herbe. Grâce à cet équipement, il valorise aussi ses couverts végétaux. « Jusqu’à début janvier, j’ai récolté 6,5 ha de colza fourrager. Faucher et distribuer mes couverts végétaux me permet de gagner 3 kg de MS/VL/jour. C’est aussi une économie de correcteur azoté (tourteau de colza) que j’estime à 500 g/VL/jour. » En considérant qu’il affourage en vert durant trois mois l’hiver (100 jours), les 3 kg de MS économisés multipliés par les 60 vaches présentes sur l’exploitation représentent 18 t de MS soit l’équivalent de 1,5 ha de maïs. Sur la même période c’est aussi une économie de 3 t de concentrés.

Un modèle léger et bien chaussé

L’éleveur utilisait une Taarup par le passé, mais le débit de chantier était moyen et le fourrage était déstructuré par temps pluvieux. « Aujourd’hui grâce à la faucheuse-autochargeuse, le fourrage est propre et entier même par mauvais temps. » Le tapis déchargeur est très pratique pour distribuer directement le fourrage aux animaux au retour du champ. L’éleveur estime que ce modèle de faucheuse-autochargeuse a l’avantage d’être léger en poids et bien chaussé ce qui évite de marquer les sols. C’est malgré tout un peu léger mécaniquement puisque l’autochargeuse a déjà eu quelques points de soudure sur le châssis.

La quête de l’autonomie alimentaire

La grosse période d’utilisation pour les deux éleveurs est de novembre à mars, c’est-à-dire jusqu’au redémarrage de la pousse de l’herbe. La deuxième période est souvent entre juillet et août, si les vaches manquent d’herbe dans les pâtures. Mais, Emmanuel Tirard fait aussi évoluer ses cultures enfonction de cette pratique : « Cette année j’ai 5 ha de RGI à défaire, au lieu de tout mettre en maïs, comme je l’aurais fait habituellelement, je vais semer 3 ha de maïs et 2 ha de chou fourrager. Cette culture sera valorisée début janvier, juste après la récolte du colza fourrager. »

autochargeuse-bonino
La faucheuse autochargeuse achetée en Cuma tourne entre deux exploitations et ponctuellement chez d’autres éleveurs adhérents.

L’éleveur avoue tout de même que c’est une charge de travail en plus : « Chez moi, c’est environ 45 minutes de travail en plus par jour. C’est bien plus facile de mettre un godet de maïs supplémentaire. » Mais la quête de l’autonomie alimentaire passe par la. Cela faisait longtemps qu’Emmanuel Tirard souhaitait introduire de la luzerne dans sa rotation. Tout d’abord pour couper le cycle blé/maïs. C’est aussi un très bon moyen de produire des protéines pour les vaches et de consommer moins d’engrais sur l’exploitation. « L’autochargeuse permet de bien valoriser cette culture. Mais le plus important et le moins coûteux c’est tout de même de pâturer. »

Un effet positif sur les pattes

Si Emmanuel Tirard apprécie d’apporter du fourrage bien vert à ses laitières pendant l’hiver, il y a un effet qu’il n’avait pas mesuré. « Mon pareur, m’a dit avoir constaté chez moi et d’autres éleveurs équipés de logettes et faisant de l’affouragement en vert, un effet bénéfique sur les pattes des vaches. Les bouses sont plus claires et moins collantes. Les sabots sont donc beaucoup plus propres et il constate qu’il y a moins de champignons en dessous. » Nicolas Goualan

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