Côtes d'Armor

Manger français, les JA ont mené l’enquête

L’idée du Manger français, devenue l’année dernière une marotte de la FNSEA et des JA, est née du travail d’agriculteurs et syndicalistes costarmoricains. Pour leur AG, les Jeunes Agriculteurs ont présenté les conclusions de leur travail sur le sujet et ouvert le débat.

« La part des établissements scolaires en Bretagne représente plus de 50 % de la restauration collective », rapportait notamment la Note d’orientation 2015 présentée par les Jeunes Agriculteurs des Côtes d’Armor, lors de leur assemblée générale jeudi 12 mars dernier, à Plérin. Afin de mieux comprendre le fonctionnement, les JA sont allés à la rencontre des acteurs des cantines. « Sur 12 enquêtes réalisées, 8 établissements travaillent avec des cuisiniers. Ce choix marque une volonté de valoriser les produits et de maîtriser la qualité des repas servis », expliquaient notamment Cécile de Saint-Jan, Eric Fraboulet et Tanguy Rousseau qui présentaient ce travail d’enquête et de synthèse. « Par contre, le travail avec des prestataires est souvent la conséquence d’un choix économique, mais aussi de la recherche de souplesse dans l’organisation. » Visiblement, sur le terrain, « la totalité des établissements visités prêtent attention à l’origine des produits. Ces démarches sont intéressantes mais peu de restaurants scolaires la valorisent en communiquant sur le sujet. Des démarches en approvisionnement local en découlent également. »

L’État doit devenir le moteur du Manger français

Même si l’échantillon de restaurants rencontrés est peu significatif, les JA retiennent que les établissements visités sont « guidés par des volontés différentes : économique et / ou éthique. » La priorité étant toujours de proposer des produits de qualité à coût raisonnable. Certaines communes font tout de même le choix fort « d’offrir aux enfants des produits français et locaux par la prise en charge non négligeable d’une partie du prix des repas. » Les Jeunes Agriculteurs, lors de l’AG comme lors de chaque rendez-vous avec des cuisiniers ou des élus, ont rappelé « combien cette démarche n’est pas sans conséquence pour le territoire. Cela permet de pérenniser le tissu local et économique par le maintien de producteurs et d’artisans et de commerces. » Pour le syndicat, aujourd’hui, « c’est l’État qui doit en prendre conscience et devenir le moteur du Manger français. La valeur de nos produits doit avoir plus d’importance que le simple coût de revient. »

Des magnets sur les frigos

Afin de valoriser de façon pérenne les démarches en cours ou de susciter des changements vers un approvisionnement 100 % français, la FRSEA et JA Bretagne ont d’ailleurs formulé plusieurs propositions : « diffuser une affiche “Manger français” dans l’ensemble des communes et cantines ; rencontrer les élèves d’écoles primaires pour les sensibiliser à l’origine des produits ; distribuer des magnets “J’aime manger français” à coller sur le réfrigérateur », listait Chantal Bévillon, responsable régionale du dossier “Manger français”. Sans oublier « la mise en place d’une charte signée par l’ensemble des maires des Côtes d’Armor, voire de Bretagne ou de France, pour promouvoir l’achat français en restauration collective tout en respectant les réglementations européennes… » Il y a encore du pain sur la planche…

Tomas Dagorn

Les 12 établissements rencontrés
Lycée Pommerit, les MFR de Loudéac, de Montauban de Bretagne et de Saint-Méen le Grand, collège Saint-Joseph de Loudéac, cantine municipale de Saint-Thélo, cantine centrale de Merdrignac, cantines de la Motte, de Trélévern, de Saint-Ivran, de Langourla et d’Illifaut.

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