Faire le choix entre entreprendre et subir

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Les Jeunes Agriculteurs du Finistère se sont donné rendez-vous à Châteaulin pour échanger sur la prise de risques et le goût d’entreprendre.

Difficile d’être optimiste face à une conjoncture morose, surtout quand on vient de s’installer. « Une baisse de 12 € par cochon par rapport à 2013 engendre un résultat de certaines exploitations en baisse de 120 000 €, et la solution évoquée récemment de stockage privé n’aura aucune incidence si la marchandise n’est pas exportée », déplore Yves-Hervé Mingam, responsable du groupe porc des JA. Même constat en production laitière, où le prix théorique s’établi à 372 € des 1 000 litres, mais avec des niveaux de charges importants. Concernant les productions légumières, Guénolé Kerbrat regrette que « la baisse de chiffre d’affaires de 30 % proposée pour rendre éligibles les exploitations en difficulté n’a pas été prise en compte par l’administration, qui a opté pour plusieurs critères, excluant ainsi de nombreux exploitants ». Seule une quarantaine de dossiers ont ainsi été gérés.

Pourtant, le tour d’horizon des productions réalisé lors de l’assemblée générale à Châteaulin vendredi dernier se voulait positif et constructif. « À la question : peut-on s’installer en production de volailles de chair ? Je réponds oui, même si les marchés ne permettent pas de construction de poulaillers neufs », assure Anthony Taoc.

[caption id=”attachment_2265″ align=”aligncenter” width=”300″]Pour pérenniser l’entreprise familiale, Eric Godet a gardé l’esprit de diversification Pour pérenniser l’entreprise familiale, Eric Godet a gardé l’esprit de diversification.[/caption]

Envie d’entreprendre

Invités à alimenter le débat, trois intervenants ont fait part de leur point de vue sur l’installation et sur leur vision de l’avenir. « J’ai choisi de m’installer sur un marché porteur, à savoir la pomme de terre lavée. Il faut être à l’écoute de son environnement », pense Benoît Le Lay, installé en productions végétales à Plomeur.

Pour Solenn Milin, productrice de lait à Milizac, c’est également l’environnement économique qui a fait changer son système de production. « Proche d’une zone urbaine, j’ai saisi l’opportunité de développer la vente directe. Je suis passée d’une cabane de 3 mètres sur 3 pour la vente à un local de 350 m2. 20 % de ma production part en crème, beurre, fromage blanc ou tome en direct, et quand les GMS viennent me solliciter pour approvisionner leurs rayons, je suis fière de leur répondre négativement. » Le troisième témoignage, hors agricole, a tout de même montré des points communs avec le système rural.

La passion rend optimiste

Eric Godet est gérant des établissements Adam à Ploudalmézeau, entreprise qui réalise son activité sur plusieurs métiers. « En plus de la commercialisation et de la distribution de combustibles, nous assurons les métiers de chauffagistes, de locations de chapiteau, de distribution de boisson des cafés hôtels et restaurants, de cave et d’épicerie fine ainsi qu’une brasserie traditionnelle. Avec une multitude de métiers, je me laisse le choix d’arrêter ou de développer stratégiquement une activité ». Il compare son entreprise à une exploitation : « Il faut être bon sur les aspects comptables, financiers, commerciaux, juridiques et de ressources humaines. Vous êtes dans ce même cas de figure, et je pense que les grandes sociétés sont plus simples à gérer car elles ont le personnel nécessaire pour réaliser toutes ces tâches.

L’investissement d’une entreprise n’est pas toujours économique, il peut être aussi humain ». Les jeunes agriculteurs ont prouvé lors de cette assemblée que la passion les animait, source d’un optimisme nécessaire, et Sébastien Louzaouen, président,  de conclure : « Fuyez les personnes qui affirment que l’on ne peut pas s’en sortir ou que la profession était mieux avant ».

Fanch Paranthoën


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