FinistèreProductions Agricoles

Pomme de terre : Manque de visibilité sur le plant

La filière plant de pomme de terre rencontre des difficultés sur ses marchés exports, même si les nouveaux clients limitent les dégâts.

Le marché est tendu en plant de pomme de terre. Avec une concurrence exacerbée, Germicopa traverse une situation délicate. « Les livraisons à l’export sont en retard par rapport à l’année passée, à hauteur de 3 143 tonnes, représentant environ 10 %. Les frigos du Royaume Unis sont pleins, 425 tonnes sont encore à expédier en Espagne, ou pire 678 tonnes au Portugal. Concernant l’Italie, les livraisons sont arrêtées depuis une quinzaine de jours : les clients demandent de ne pas livrer des produits par températures négatives. En France, ce retard atteint 2 262 t », compte Joseph Lallouet, directeur production et logistique, qui annonce également une baisse brutale des livraisons pour la Suisse qui choisit de produire en interne ses plants.

Invendus en jardinerie

Pour ajouter de la tension au marché, celui de la jardinerie tousse lui aussi. « Les magasins de jardin ont eu beaucoup d’invendus en 2014, et ne souhaitent pas reproduire ce schéma cette année, car le conditionnement en clayette coûte cher. Plus frileux, les GMS préfèrent la non-vente que les invendus. Le marché de réapprovisionnement en sac qui démarre actuellement pourra peut-être sauver la saison, tout en sachant qu’une baisse générale des ventes est observée, sans pouvoir l’expliquer », ajoute-t-il. « Ce marché de la petite jardinerie n’est pas à sous-estimer, car il est vecteur de marges importantes », souligne Eric Bargy, directeur de Germicopa. Ne pas rentrer dans une guerre des prix, tel est la politique choisie pour préserver les marchés.

Du positif quand même

Fort heureusement, des points positifs sont à signaler. « Des tonnages significatifs sont enregistrés à la hausse. L’Algérie est à + 277 tonnes, Cuba à + 372 tonnes, le Pakistan à + 352 tonnes. Le Niger offre la poussée la plus spectaculaire à + 613 tonnes », affirme le responsable logistique.

Un choix stratégique a été pris dans l’entreprise, en gagnant en efficience logistique. « Des hectares remontent dans le Nord, au-dessus d’une ligne Rouen-Paris-Strasbourg. Ces surfaces de productions nous rapprochent des points de livraisons, engendrant des économies non négligeables. Cela dit, pas questions de généraliser ces transferts de production. À l’inverse, des terres destinées à la production de plants pour le marché export peuvent descendre en Bretagne. Pour des livraisons en région Centre, nous sommes aussi bien placés que le Nord », explique Joseph Lallouet, et Éric Bargy précise : « Ces volumes représentent 60 hectares. La ventilation entre les deux régions restera de d’un tiers dans le Nord, pour deux tiers en Bretagne ».

Du violet en projet

Dans les projets originaux de Germicopa, les variétés à peau et chaire violette sont à noter. « Nous travaillons sur une variété de type Charlotte, mais de couleur. En plus de son côté original, cette pomme de terre aurait des propriétés anti-oxydantes et bénéfiques pour la santé. Elle sera destinée à un marché de niche. Les prochains résultats seront connus dans deux ans », explique Jean-Yves Abgrall, responsable service technique et assurance qualité.

Autonomie opérationnelle

François Desprez, président de Florimond Desprez est venu présenter le groupe dont Germicopa fait partie depuis septembre dernier. « Le groupe souhaite se diversifier en étant présent sur le marché du plant via Germicopa. Vous ne nous avez pas attendus pour créer des variétés avec un budget très raisonnable, nous souhaitons apporter des moyens de recherche comme le marquage moléculaire pour le développement de Germicopa, qui gardera son autonomie opérationnelle avec une prise de décision qui restera quimpéroise. Ce développement pourra s’appuyer sur les filiales internationales du groupe », rappelle le président. Fanch Paranthoën

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer