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Les importations mettent les légumiers en colère

La tomate française est en pleine production et les marchés se retrouvent chahutés par les importations. Les producteurs finistériens se sont rendus dans un supermarché de Landivisiau pour alerter les citoyens de leurs difficultés.

« Alors que la saison bat son plein, les producteurs de tomates et plus largement l’ensemble des producteurs de légumes bretons sont au plus mal. Face à des produits importés à des prix défiant toute concurrence, ils n’arrivent plus à vendre leur produit ou à des prix très bas. Cette situation compromet gravement la pérennité de nombreuses exploitations en Bretagne », explique Philippe Quillon, président de la section légumes de la FDSEA.

Privilégier des légumes français

Afin d’alerter les citoyens consommateurs sur cette situation et l’importance d’acheter des produits locaux en pleine saison, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs, ont convoqué la presse mardi 27 mai au Super U de Landivisiau. « Ce n’est pas une enseigne qui est visée, mais la grande distribution en général. Nous voulons qu’ils favorisent un approvisionnement français afin de maintenir de l’emploi sur le territoire », lance Philippe Quillion. Il ajoute que le Super U de Landivisiau a été choisi car c’est un magasin qui joue le jeu de l’approvisionnement local. « Globalement en Bretagne les différentes enseignes privilégient les légumes français, mais le problème vient surtout des GMS situées dans le reste de la France. »

Les importations de tomates font chuter les prix

Jean-René Guillerme, producteur de tomates à Saint-Pol-de-Léon confie : « nous avons des coûts de production qui ne nous permettent pas de lutter avec les légumes venant de l’étranger. » Pourtant, les producteurs constatent qu’en ce moment il y a beaucoup de tomates provenant de Belgique, Hollande et Maroc sur les étals des magasins. « Ces pays exportent leurs tomates vers la France car ils ne peuvent pas le faire vers les pays de l’Est à cause du conflit ukrainien. Mais ici les coûts de production sont au moins supérieurs de 50 % aux leurs », s’indignent les producteurs. L’exemple avec le Maroc est frappant, une heure de travail chez nous équivaut à une journée chez eux, « comment peut-on lutter ? »

Autre exemple, au lendemain des élections européennes, comment se fait-il qu’un pays comme la Hollande puisse embaucher de la main-d’œuvre venant des pays de l’Est et payer au tarif de leur pays d’origine. « À quand une Europe sociale ? » Les producteurs bretons, conscients que les prix des légumes au cadran sont tirés vers le bas à cause des importations tirent la sonnette d’alarme. « Les trésoreries dans la zone légumière se dégradent fortement, ça pourrait avoir de grosses conséquences sur l’emploi. » Et Philippe Quillon d’ajouter « il faut que nos politiques qui n’ont pas l’air de nous entendre prennent les choses en main. » Il conclut en adressant un message aux GMS et centrales d’achat « la profession est très vigilante à ce qui se passe dans vos magasins. » Nicolas Goualan

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