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Écophyto 2 : Réduire de 50 % l’utilisation de pesticides

Suite à l’annonce du plan Écophyto 2, agriculteurs et distributeurs dénoncent le choix arbitraire de la réduction des quantités de produits phytosanitaires sans proposition de solutions pour y parvenir et le manque d’harmonisation européenne.

« Dans le cadre du plan Écophyto 2, nous visons comme objectif la réduction de 50 % de l’utilisation des pesticides à l’horizon 2025 », a déclaré Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, en ouverture de « L’an I de l’agroécologie », à Paris, le 30 janvier. Le ministre insiste : « La réduction des usages entraîne la réduction des risques d’impact ». Par ailleurs, il a soutenu le dispositif expérimental des Certificats d’économie des produits phytosanitaires. L’objectif est de réduire de 20 % les Nodu (nombre de doses utilisées) sur cinq ans par les distributeurs. « Si l’objectif n’est pas atteint, il y aura des pénalités financières », poursuit-il. La pénalité se chiffrerait à 11 euros par Nodu. Par ailleurs, « on ne peut pas dire aux agriculteurs qu’on leur supprime tels ou tels produits sans construire, avec eux, les alternatives », a insisté Stéphane Le Foll. Le ministre entend développer les solutions de biocontrôle et de l’agroéquipement dans le cadre du plan Écophyto 2 et poursuivre le projet agroécologique pour un modèle agricole qui concilie économie et écologie. Sur l’échec du plan Ecophyto 1, « on ne s’était pas demandé si les modèles agricoles en place pourraient supporter une baisse de 50 % des pesticides ». Et de poursuivre : « Mais les fermes Ecophyto, elles, sont bien parvenues à réduire l’utilisation des phytos ». Une annonce qui n’a pas manqué de susciter des réactions cette semaine de la part de tous les acteurs de la filière.

Les distributeurs, des « boucs émissaires »

Les distributeurs de produits phytosanitaires (Coop de France Métiers du grain et la Fédération nationale du négoce) estiment être les boucs émissaires de la deuxième version de ce plan Écophyto. Ils regrettent en particulier que le mécanisme de Certificat d’économie de produits phytosanitaires (CEPP) ne concerne que les distributeurs, et déplorent que, par conséquent, la responsabilité financière de la réalisation de l’objectif Écophyto (réduction de 20 % de l’usage des pesticides en 5 ans) ne repose que sur eux. « Les distributeurs ont un rôle à jouer en matière de conseil, mais ne peuvent être tenus responsables des décisions des agriculteurs ». Ils ajoutent que ces mesures vont inciter « un nombre croissant d’agriculteurs » à aller acheter des produits phytosanitaires « hors des frontières ».

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