Politique et Syndicalisme

Une OP transversale pour peser sur le prix du lait bio

La filière lait bio française se structure pour gagner en pouvoir de négociation face aux laiteries. Les producteurs demandent en particulier un lissage du prix bio par rapport au conventionnel.

Reconnue fin 2012, l’OP (Organisation de producteurs) Lait bio Seine-et-Loire regroupe 7 associations de producteurs qui livrent à 5 laiteries privées du Grand Ouest. « Notre objectif est d’installer un maximum de transversalité », précisent les responsables qui avaient organisé un débat sur la pertinence des OP, lors de leur assemblée générale le 5 décembre au Rheu (35). L’OP Seine-et-Loire s’est fédérée au sein de l’association Lait Bio de France avec d’autres structures de producteurs : OP Grand Est (OP de mandat comme l’OP Seine et Loire), Biolait et la coopérative Lait Bio du Maine (OP commerciales) et une association de producteurs venus de coopératives mixtes. Cette structure regroupe autour de 50 % des producteurs de lait bio français (environ 1 000 producteurs). « Nous avons travaillé sur cette organisation transversale, car les OP verticales, telles qu’on peut les voir en Suisse, ne nous semblaient pas satisfaisantes pour les producteurs, ne leur donnaient pas suffisamment de poids. Elles ne sont qu’un outil entre les mains des transformateurs », relate Patrice Lefeuvre, président de Lait bio de France.

Être informés pour mieux négocier

« Notre structuration nous permet de bénéficier d’une information plus large, de mieux ressentir les besoins du marché, d’échanger sur les prix pratiqués par les laiteries, les conditions… Aller négocier auprès de sa laiterie devient ainsi plus aisé. Il sera plus facile de savoir s’il faut solliciter des conversions ou plutôt mettre le pied sur le frein en cas de risque de débordement du marché. » Une réactivité nécessaire pour sécuriser le revenu des producteurs. « Nous ne voulons pas connaître à nouveau un épisode comme au début des années 2000. »

Si les producteurs constatent des avancées entre OP et laiteries sur la construction des contrats et les conventions de fonctionnement, des points de blocage demeurent sur les prix. « Nous demandons une déconnexion par rapport au conventionnel, car les moyens d’adaptation au marché en bio sont moins nombreux et plus coûteux », fait remarquer Éric Guihéry, secrétaire de l’OP Seine-et-Loire.

Les négociations restent propres à chaque laiterie qui adopte également, comme elle l’entend, la saisonnalité. « Sur 2014, nous observons des prix moyens variant entre 430 et 460 €/1 000 L », chiffrent les producteurs. Pour 2015, ils appréhendent un manque de volumes face à une demande qui s’accroît de 7 à 9 %. « Un train qu’il serait dommage de rater. Nous devons créer des conditions qui donnent confiance aux producteurs. » Invité au débat, Patrick Ramet, vice-président de la FNPL, a salué l’organisation des producteurs bio. « Il ne peut y avoir de négociation si on ne connaît pas son marché. L’organisation de Biolait, coopérative de collecte qui met un pied dans le commercial, est également très intéressante », a-t-il conclu. Agnès Cussonneau

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