Diminuer sa charge de travail

florence-loyer-frank-guehennec-marie-andree-luherne-marie-therese-bonneau-mmanuel-beguin-journee-laitiere-fdsea-56 - Illustration Diminuer sa charge de travail

« Quels choix en matière de travail sur l’exploitation ? » Emmanuel Béguin de l’Institut de l’élevage est venu donner des éléments de réponse à cette question lors de la journée laitière de la FDSEA 56. Des éleveurs du département ont témoigné des solutions appliquées sur leurs exploitations.

L’élevage laitier est en pleine mutation avec une proche fin des quotas, une main-d’œuvre limitante et la taille des troupeaux qui augmente. En parallèle, les demandes sociétales et législatives évoluent en termes de bien-être animal, de qualité des produits et d’environnement. « Les éleveurs aspirent à mieux maîtriser leur temps de travail, à diminuer les astreintes et à sécuriser leur revenu. Il est bon de rappeler que dans une exploitation laitière, la durée de travail est de 3 600 heures par an, contre 800 heures pour une exploitation de grande culture, et le revenu presque trois fois inférieur », explique Emmanuel Béguin, de l’Institut de l’élevage, lors de la journée laitière du mardi 9 décembre organisée par la FDSEA 56 à Vannes.

Faire le bilan de son organisation de travail

Le travail devient un enjeu majeur pour l’avenir de l’élevage. « La charge de travail et le rythme de vie sont souvent mis dans la balance pour le choix de la poursuite ou de la reprise d’un atelier d’élevage. Beaucoup d’éleveurs revendiquent aujourd’hui d’autres attentes que ce soit au niveau privé ou associatif par exemple », déclare Emmanuel Béguin. Ces conditions d’exercice du métier (conditions de travail, qualité de vie) sont un des facteurs importants qui aideront à rendre le métier attractif. « Le travail est multi facettes. Il y a un volume global à réaliser avec une charge quotidienne liée au troupeau, des tâches pénibles physiquement que ce soit l’alimentation ou le paillage… Sur ces dernières, on note une grosse amélioration ces dernières années. On cumule aussi des pointes de travail dans l’année lorsqu’il y a des travaux culturaux qui s’ajoutent aux astreintes de l’élevage. » L’ingénieur de l’Institut de l’élevage signale l’importance de s’arrêter un peu et de faire un bilan de l’organisation du travail sur son exploitation. « Il existe une plaquette éditée par l’Institut de l’élevage appelée : “Le travail sur mon exploitation, où en suis-je ? Comment faire mieux ? » C’est une démarche s’appuyant sur un questionnaire qui permet d’aider l’éleveur à clarifier ses attentes sur le travail et à identifier des pistes d’actions. »

Alléger la charge de travail

Les pistes de réflexion pour alléger la charge de travail de l’exploitant sont multiples. La mécanisation de certaines tâches est assez fréquente, que ce soit le paillage ou l’alimentation. La traite est de plus en plus robotisée, un projet d’investissement de traite sur deux se concrétise par l’installation d’un robot. « Des exploitants externalisent les travaux des champs en Cuma, ETA ou par des voisins. D’autres éleveurs choisissent de se regrouper ou de s’associer à des voisins pour avoir des week-ends libres. L’embauche d’un salarié à temps plein ou partagé est une autre solution. Pour des besoins ponctuels en main-d’œuvre, le service de remplacement est particulièrement intéressant. » Nicolas Goualan

L’avis de :

Hervé Radenac En EARL à Calan avec 390 000 l sur 63 ha de SAU et 1 UTAF

Du développement adapté au travail d’une personne Je me suis installé en 1995, après avoir été technico-commercial en alimentation animale. C’est une reprise après tiers sur une exploitation de 290 000 l et 42 ha de SAU. Je travaille seul sur l’exploitation et j’ai mis la priorité sur l’élevage. J’ai donc décidé de travailler en Cuma intégrale pour une partie des travaux culturaux. L’élevage des génisses est aussi externalisé, je les récupère lorsqu’elles sont confirmées gestantes. Je cherche toujours à améliorer mes conditions de travail, que ce soit en termes de temps passé ou de confort. J’ai développé mon exploitation de manière à ce qu’elle reste adaptée au travail d’une personne. J’ai aménagé le bâtiment pour absorber le volume de production supplémentaire depuis 1995. Au moment de la mise aux normes, je suis passé en logettes et table d’alimentation. Aujourd’hui, je suis satisfait de mon métier d’éleveur. Je mène une réflexion afin de me libérer du temps pour ma famille et pour mes responsabilités professionnelles. J’envisage d’embaucher un salarié à tiers ou quart temps.

Pascal Avenier Installé à la Chapelle Caro avec 440 000 l sur 75 ha de SAU et 1,6 UTAF + 1 apprenti

Un groupement d’employeurs pour embaucher Je me suis installé en 1996 en Gaec avec ma mère. En 2004, suite au départ en retraite de ma mère, j’ai créé un groupement d’employeurs. Le salarié tourne entre trois exploitations, il passe en moyenne deux jours par semaine chez moi. Je souhaite augmenter ma production laitière, j’ai agrandi la stabulation qui est passée de 42 à 65 places. L’objectif étant aussi de pouvoir embaucher un salarié à temps plein. Aujourd’hui, je saisis l’opportunité qui m’est donnée par la laiterie de faire du lait supplémentaire. Je veux aussi pouvoir me libérer du temps pour me former et optimiser mon élevage afin d’augmenter la rentabilité. Je pense revoir le poste traite et passer de 2 X 5 à 2 X 6. Je dois simplifier mes conduites en passant au désilage collectif et en développant les techniques culturales simplifiées sur mon exploitation.


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