Chou-fleur : les producteurs espèrent une bonne année

chou-fleur-production-legume - Illustration Chou-fleur : les producteurs espèrent une bonne année

La saison hivernale de chou-fleur commence plutôt bien avec des prix convenables, mais la conjoncture morose a laissé des traces dans les trésoreries.

La campagne de récolte de chou-fleur a démarré plus précocement cette année, avec des volumes importants en début de saison. Les prix, très volatils, semblent s’orienter à la hausse à l’approche de l’hiver. Les températures plus froides, enregistrées depuis quelques matins, poussent à la consommation du légume fleur. « Cela fait maintenant une quinzaine de jours que les têtes sont payées environ 70 centimes. Mais ces prix ne rattrapent pas le manque de trésorerie des producteurs creusé les années précédentes. Pour remettre les exploitations à flot, le marché doit afficher des fourchettes de prix semblables jusqu’au mois de mai. Nous rencontrons d’énormes difficultés. Gardons à l’esprit le seuil minimal de 50 centimes minimum pour gagner notre vie », confie Gwenaël Simon, producteur de légumes à Saint-Pol-de-Léon (29). Cette situation délicate ne favorise pas l’investissement au sein des fermes. « J’aimerais investir dans une planteuse à mini-mottes neuve, mais je préfère réparer mon matériel au fur et à mesure ou acheter des outils d’occasion ».

Concurrence déloyale

La conjoncture maussade irrite le légumier. « Les efforts de la profession ne sont pas reconnus. Ainsi, la certification Global Gap nous oblige à avoir des extincteurs dans les bâtiments, un jerrican d’eau au champ pour se laver les mains, et pourquoi pas bientôt des toilettes dans chaque parcelles ? », ironise-t-il. Ces contraintes ne sont pas respectées de la même façon en Europe selon lui. « La législation est moins stricte en Espagne par exemple, ce n’est pas normal. Nous sommes, bien sûr, pour des produits de qualité, mais il faut une concurrence loyale. Heureusement que la main-d’œuvre familiale permet de limiter les coûts de production. Dans le bassin légumier, de nombreux retraités travaillent dans les champs. Sans cette aide, la surface dédiée à la production serait divisée par deux. La pérennité de l’exploitation passe par l’innovation, c’est pourquoi je démarre la culture de potimarron pour la première fois », témoigne le producteur. Son père partage ce point de vue. « La monoculture était possible auparavant, mais c’est très risqué maintenant. Il faut diversifier ses produits, en étant toutefois très vigilant, car la multiplication des cultures demande des investissements financiers importants. Nous gardons cependant espoir, car le chou-fleur et les légumes anciens ont le vent en poupe et séduisent toujours plus de consommateurs », pense Louis-Michel Simon. Sans doute que les dernières émissions télévisuelles à la mode, avec des concours de cuisine, font connaître aux consommateurs ces légumes oubliés.

Pas de pépins sanitaires

La culture de choux, plantée au mois de juillet, n’a pas connu de particularités au niveau parasitisme, si ce n’est une attaque de chenilles maîtrisée par un passage de Décis. « La rotation de l’exploitation simple avec deux années de chou, puis une céréale, une culture d’échalote et trois années d’artichauts fonctionne bien. La phacélie semée avant artichaut me permet d’intervenir tôt dans les champs au début du mois de mars. » Fanch Paranthoën

L’avis de Marc-Eric Pavillard, Prince de Bretagne

La région Bretagne connaît une baisse des surfaces allouées à la production de chou-fleur cette saison, de l’ordre de 8 %. Les apports sont importants en ce début de semaine, et le jour férié n’a pas déstabilisé le marché. 95 000 colis par jour sont livrés, et les prix aux producteurs ont encore augmenté par rapport à la semaine passée, s’établissant autour de 1 €. Au niveau européen, les surfaces sont également sensiblement en baisse en Espagne, qui a préféré privilégier le brocoli. La Belgique termine sa campagne avec 25 000 colis présentés sur le marché par semaine, et les pays méditerranéens n’ont pas encore démarré leur récolte. À noter que les orages violents qui ont frappé l’Italie ne concernent pas la zone de production.


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