Economie, marchés et gestion

Space : race Charolaise, un bon cru breton

Aussi impressionnant dans le champ que sur le ring, Gipsy pose, magistral. Son charisme et sa carrure ont fait mouche au Space. Vainqueur des mâles de moins de 4 ans, il fait la fierté de la famille Jaglin, toute entière.

Gipsy marque ainsi son passage à l’EARL Villeneuve. Il est le représentant d’une race charolaise sublimée dans cet élevage de Saint-Gilles-Vieux-Marché (22) depuis 1989, année saluée par la consécration de Cybelle, super championne du National Charolais à Vichy. Œil expert, popote génétique et travail sur la sélection, Michel Jaglin a transmis une belle passion à ses fils et petit-fils : un travail de longue haleine, depuis 1980, sur la sélection du cheptel. Mais la participation aux concours reste la cerise sur le gâteau, une passion, une façon de valoriser le travail quotidien. David Jaglin a pris le relais en 1998 et continue de gérer l’élevage, avec son frère Cyril, dans un souci de rentabilité et d’efficacité, en collaboration avec le groupement bovin viande de Triskalia.

Une préparation ficelée

Isolé des vaches au mois de mai, Gipsy a profité d’une préparation spécifique pendant 4 mois. Au-delà des deux visites journalières de Michel, l’alimentation du taureau est calée sur un aliment mash, le Bufflo star, du foin et du pâturage. David retrace son parcours : « Gipsy, qui a 3 ans et demi, a été acheté à 18 mois, à Patricia et Jean-Luc Charrier dans les Deux-Sèvres. Il est toutefois originaire de l’élevage Chambrin à Saint-Brandan (22). Le voir champion mâle au Space face à des pointures de Vendée est une grande satisfaction. » Un autre outsider breton a été sacré cet été dans la Nièvre, à Magny-Cours, au congrès mondial de la Charolaise : « Far Ouest a terminé premier de sa catégorie et n’est pas passé loin du titre suprême du championnat des taureaux de 4 ans. Nous en sommes également très fiers d’autant plus que c’est un taureau qui est né sur l’exploitation. C’est un éleveur de Charente-Maritime qui l’a préparé pour le concours. Il avait acheté une part de Far Ouest il y a deux ans et nous l’avons vendu récemment dans le berceau de la race, en Saône-et-Loire. »  Tout comme Falcone l’année dernière… En parallèle, les éleveurs vendent des paillettes et des semences à l’étranger. David complète : « nous effectuons un travail continu sur le troupeau et restons vigilants sur nos choix, car un mauvais taureau sur les vaches est impactant sur du long terme. »

L’exploitation en chiffres

  • EARL Villeneuve à Saint-Gilles-Vieux-Marché (22)
  • Atelier de 30 vaches allaitantes + génisses + taureaux
  • Naisseur – engraisseur de truies
  • SAU : 200 ha

Un b.a.-ba, le coût de production

Fierté, satisfaction au sortir des concours, certes. Mais David rappelle qu’il faut garder les pieds sur terre. C’est le travail qui est réalisé tout au long de l’année qui doit être rentable. Il souligne que « la vision économique doit faire intégralement partie des réflexions de l’éleveur de vaches allaitantes. Coût de production, GMQ, performance génétique… autant d’indicateurs à suivre de près, afin de pouvoir tirer son épingle du jeu. Il faut aussi rester raisonnable sur le matériel. » Les techniciens bovin viande Triskalia proposent d’ailleurs un outil de suivi technico-économique, « Capeco », aux adhérents.

Olivier Frayer, responsable du groupement, rajoute : « Avec cet outil, les éleveurs peuvent comparer leurs données à celles d’une base régionale composée d’éleveurs naisseurs sélectionneurs bretons. Ces repères permettent d’identifier des axes de travail précis. » David conclut : « Notre production a de l’avenir pour tout éleveur qui travaille correctement et qui n’investit pas n’importe comment. De notre côté, nous avons trouvé notre rythme de croisière pour chaque atelier. Nous préparons l’avenir en espérant transmettre notre exploitation, comme l’ont fait nos parents. » Encore quelques années à patienter mais le prochain évènement qui va rassembler la famille est le salon « Ohhh la vache ! » qui aura lieu les 18 et 19 octobre prochains à Pontivy (56) et en particulier l’inter-régional Charolais. Un évènement que le groupement bovin viande Triskalia accompagne financièrement. Carole Perros / Triskalia

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer