Economie, marchés et gestion

Le management en exploitation, la clef de la réussite

En exploitation agricole, la gestion de la main d’œuvre est un point fondamental pour aboutir à de bonnes performances. Comment s’organiser avec plus de 150 saisonniers ? Sylvain Rannou, agriculteur à Langoat (22), nous dévoile son « mode d’emploi. »

Sylvain Rannou a repris l’exploitation familiale de Langoat en 2003 avec un atelier de 40 vaches laitières et une production de 2 hectares de Coco de Paimpol. Aujourd’hui, il possède un cheptel de 45 vaches et cultive 40 hectares de coco, ce qui demande beaucoup de main-d’œuvre. Il nous explique son organisation avec ses salariés.

Main d’œuvre ou robotisation : un choix décisif

Pour la gestion de son atelier laitier, l’éleveur a choisi d’embaucher un salarié plutôt que d’investir dans un robot de traite. Il a fait ce choix car d’après lui « un robot de traite ne fait que traire alors qu’un salarié est multitâches. » Après avoir embauché plusieurs salariés, il a su trouver le salarié idéal correspondant à ses critères de recherche, car l’éleveur tient au bien être et au bon suivi de ses animaux. En effet, cet employé est totalement autonome sur l’atelier lait, il sait s’occuper des animaux et détecter le moindre problème dans le troupeau.

De plus, il est capable de s’organiser sans l’aide du patron, ce qui permet à l’exploitant de se consacrer entièrement à la production du Coco de Paimpol durant une saison intense et gourmande en temps. Le fait d’avoir embauché un salarié à plein temps lui a permis de se détacher de l’atelier lait afin de consacrer son temps à la gestion des saisonniers pour le Coco, ce qui lui remplit ses journées, de 6 h à 23 h. En plus des semaines, l’éleveur et son salarié se sont arrangés pour effectuer un week-end de garde sur deux et s’arrangent également pour les vacances. Durant cette période, en morte saison, le salarié gère totalement l’exploitation.

Une organisation complexe qui paye

La production de 40 hectares de Coco s’étale du 15 avril au 15 octobre. La première partie de la production s’étend jusqu’à début août et consiste principalement au suivi des cultures. Par la suite, c’est l’organisation de la récolte faite par les saisonniers qui prend place. Avec une surface si importante, il est indispensable de trouver de la main-d’œuvre active. Effectivement, la saison 2013 a demandé au producteur de faire la déclaration de 190 saisonniers !

Pour trouver autant de saisonniers, l’agriculteur utilise principalement le « bouche-à-oreille » et a également recours à de la main-d’œuvre étrangère. Pour travailler dans ce domaine ce n’est pas difficile, les principaux critères sont d’avoir au minimum 16 ans, d’être motivé et respectueux envers les autres. Pour garder une bonne ambiance dans les champs, l’agriculteur met tout le monde sur « le même pied d’égalité » et veille à ce qu’il reste le seul chef. De plus, pour éviter les conflits, il impose des règles qui sont les mêmes pour tout le monde. Par exemple, il attribue une place à chaque personne dans le champ afin d’éviter les conflits dûs à l’hétérogénéité de la qualité de la parcelle, car plus un secteur est beau, plus on récolte de Coco, et plus on fait de kilos plus le salarié gagne d’argent. Il tente également de garder la parité au sein de son équipe.

Au niveau des salaires, l’agriculteur impose un paiement des salaires à la fin du mois et non par semaine, comme certains employés le souhaiteraient, pour faciliter la gestion car faire des fiches de paye prend du temps. De plus, ce n’est pas l’agriculteur qui fixe le prix du kilo de Coco payé au récolteur, mais la MSA. Les repas et le logement sont à la charge des saisonniers, ce qui fait l’affaire des commerçants et des campings à proximité.

S’assurer une main-d’œuvre d’année en année

Afin de donner envie à ses salariés de revenir les années suivantes, le producteur veille à garder une bonne ambiance au travail. De plus, il organise un repas festif à la fin de la saison pour toutes les personnes qui ont participé à la production de l’année. Cette démarche s’avère bénéfique car environ 70 % des saisonniers reviennent l’année suivante.

Malgré le temps passé sur la production de Coco durant la période de récolte, et grâce à la gestion de sa main-d’œuvre estivale et à l’autonomie de son salarié permanent, il arrive à se libérer de l’exploitation afin de passer du temps à sa vie de famille, entre les saisons de production de Coco de Paimpol. Malgré une bonne gestion de la main d’œuvre, il ne faut pas négliger les techniques de culture car sans cela, la rentabilité de la production ne sera pas possible. Marie Lancien, Justine Kerleau, Mathilde Béby, Lucas Merrer, Louis Allainguillaume / élèves de BTS Acse au Lycée de Pommerit.

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