Le 1er John Deere en Antarctique

sofimat-pencran-john-deere-antarctique - Illustration Le 1er John Deere en Antarctique

Sofimat a livré un tracteur spécialement conçu pour le travail en milieu polaire. Le 6210 R travaillera en effet en Antarctique.

Le concessionnaire basé à Pencran livrait cette semaine un tracteur un peu particulier. C’est en effet une commande passée par l’Institut Polaire Français Paul-Emile Victor que la Sofimat honorait. « Nous connaissons des conditions de travail extrêmes en Antarctique, et notre choix s’est porté sur ce John Deere 6210 R », confie Anthony Vendé, de l’institut. Un cahier des charges strict a donc été mis en place pour répondre au projet.

Il fallait trouver un véhicule utilitaire pour la station côtière, tout en étant suffisamment léger pour être supporté par la banquise (inférieur à 10 tonnes) et délivrant assez de puissance pour la traction de charges conséquentes, soit environ 200 chevaux. Enfin, la machine devait être équipée d’une lame de déneigement pour l’entretien et la création de piste pour la station côtière.

Les quatre chenilles indépendantes montées pour une bonne traction sur la banquise. Les quatre chenilles indépendantes montées pour une bonne traction sur la banquise.

Choix de la robustesse

« Nous avons posé notre choix sur cette marque de tracteurs agricoles car ses modèles possèdent des caractéristiques intéressantes : le châssis intégral est pour nous un gage de robustesse pour travailler avec une lame et le rapport poids/puissance assure une bonne qualité de travail. » La société pencranaise a ensuite modifié le tracteur en conséquence. Les quatre chenilles montées proviennent de chez Soucy Track, marque canadienne habituée au froid et importées par Track Equipement de Francin en Haute-Savoie. Pour la lame avant, c’est la société Jean Villeton située en Isère qui a modifié son modèle de lame triaxiale renforcée pour répondre au projet. « La lame en trois parties est orientable dans tous les sens », annonce Jean-Paul Olivier, technicien Sofimat responsable de la préparation du tracteur.

Le climat sur place ne s’apparentera pas vraiment à nos contrées bretonnes. Ce continent austral enregistre des températures de +5 à -35 °C à la station Dumont d’Urville, avec des vents pouvant atteindre plus de 200 km/h. Le 6210 R sera par ailleurs équipé d’une sonde branchée la nuit pour assurer une température constante dans le moteur. Enfin, le carburant, spécialement raffiné par BP, est déparaffiné pour ne pas figer.

4 plutôt que 2

La solution de 4 chenilles indépendantes a été choisie plutôt que 2 comme sur les tracteurs Caterpillar déjà présents sur place. L’Ipev dispose d’une bonne expérience du tracteur à chenille puisque 18 machines au total travaillent sur le continent depuis le début des années 90. « Le système d’oscillation des chenilles, combiné aux suspensions du tracteur, assurera une adhérence complète de la machine, synonyme de très bonne traction. Ces 4 chenilles permettent aussi d’avoir moins de tangage au niveau de la lame », explique Rémy David-Cavaz, responsable montage chez Track Equipement. Et Michel Emily d’ajouter : « Une lame lourde permet également un travail plus précis ». L’engin partira du Havre pour rejoindre l’Australie par porte-container, puis sera acheminé par bateau à la station. Fanch Paranthoën


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