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Les aviculteurs chez Promocash à Lorient

Près de 90% de la viande de volaille vendue dans les magasins de vente en gros de produits alimentaires proviennent de l’étranger. Un peu trop pour les aviculteurs qui leur ont rendu visite.

Si dans les GMS et les boucheries, les importations ne représentent que 10 à 12 % des volumes vendus, il n’en est pas de même dans l’industrie où la proportion de viandes importées atteint 68 %. Et jusqu’à 87 % dans la restauration hors domicile qui s’approvisionne via les magasins de vente en gros de produits alimentaires. Un constat qui passe mal chez les aviculteurs du Morbihan, premier département français en production de volaille de chair et qui, en dix ans, a perdu 32% de ses exploitations avicoles. Ils se sont rendus chez des restaurateurs de Lorient, dans des sandwicheries et, au final, chez Promocash (vente en gros), où ils ont trouvé des viandes d’origine belge et française. « Nous demandons, pour les viandes proposées en restauration hors foyer, l’indication d’origine des produits, de la même façon que pour les viandes bovines ». Jean-Michel Choquet, qui conduisait la délégation de la FDSEA, veut alerter les consommateurs : « Il est nécessaire qu’ils s’intéressent aussi à ce qu’ils ont dans leur assiette lorsqu’ils ne mangent pas chez eux ou lorsqu’ils consomment des plats préparés ».

S’adapter à la demande

Dans l’enseigne visitée, la barquette d’origine belge était à un euro de moins du kilo, pour un produit similaire. Difficile de convaincre les consommateurs d’acheter français. « Nous essayons de travailler localement. Mais il nous faut aussi approvisionner nos clients en marchandise, avec de bons prix », se justifie le gérant. A la décharge de ce type de magasin, l’industrie française n’a pas su s’adapter à leur demande, notamment de conditionnements. « Elle est en train de le faire », précise Jean-Michel Choquet. « Il faudra un peu de temps ». Le temps de la reconquête, qui passe à la fois par l’adaptation des outils industriels et par la prise de conscience par le consommateur de l’intérêt de l’achat local. Encore faut-il qu’il ait l’information. Le logo « Volaille française » qui vient d’évoluer pour être en cohérence avec celui des “Viandes de France”, devrait l’y aider. Créée avec l’appui du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, cette signature “Viandes de France” concrétisera l’engagement de toutes les filières carnées qui se mobilisent pour proposer aux français des viandes de qualité, en garantissant leur origine française (nées, élevées, abattues et transformées). Bernard Laurent

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