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Volaille : « Je ne supporte pas le mensonge »

Daniel Jaouen, agriculteur à Plonéour-Lanvern (29), estime avoir été piégé par l’émission Capital. Dans une lettre adressée à la rédaction, il s’élève contre les informations déformées qui nuisent à l’économie locale. Extraits.

En février, j’ai été contacté pour un reportage sur la volaille. Méfiant, j’ai cherché en en savoir plus. Mon interlocutrice m’a expliqué que, dans le cadre de l’émission Capital, un journaliste souhaitait me rencontrer afin de faire le point sur les distorsions de concurrence entre la volaille française et la volaille brésilienne. A cela j’ai répondu que je ne regardais plus cette émission depuis longtemps car elle avait tendance à mettre à mal les entreprises françaises plutôt que de les conforter. Elle m’a assuré que l’émission était désormais plus économique et mettait en avant les produits du territoire. J’ai accepté en répliquant que j’ai déjà reçu de nombreux journalistes de la presse écrite, télévisée ou encore radiophonique et que jamais je n’avais eu à déplorer un écart quelconque.

Quelques jours plus tard, j’accorde 1 heure à un journaliste. Il restera 6 heures. 6 heures dans l’élevage à me harceler de questions de tout poil sans jamais entrer dans le vif du sujet. Je comprends que dans ces conditions, des éleveurs puissent craquer, et dire tout et son contraire. En partant il m’a assuré qu’il ferait un beau document et qu’il m’appellerait pour m’annoncer la date de la diffusion. Quand j’ai vu le programme TV, j’ai compris qu’il y avait anguille sous roche. Le mensonge je ne le supporte pas. Chez nous agriculteurs, la confiance n’est pas un vain mot. Ce journaliste porte un prénom breton, j’ai honte pour lui.

Comment comprendre que des journalistes ne voient l’agriculture que sous l’aspect de la pollution, de la fraude, du contournement des textes, des manifestations, etc. Mais qu’il leur est si agréable de venir se reposer dans un cadre verdoyant, entretenu et habité. Aujourd’hui, on mange à notre faim et sainement, contrairement à ce que des reporters peu fréquentables veulent faire croire, mais également pour un coût toujours à la baisse. Tout cela parce que des agriculteurs consciencieux, professionnels, en conformité avec la règlementation, se battent tous les jours pour fournir à volonté cette nourriture.

On nous reproche la façon de produire, mais malheureusement le prix reste l’élément décisionnel. Pour ce qui me concerne je suis très content de satisfaire les besoins alimentaires de tous les ménages et tout particulièrement les bas revenus. Enfin, avec mon épouse, Hélène, et notre fils, Thomas, nous produisons du lait, de la volaille, de la viande bovine et des cultures. Tous produits confondus nous satisfaisons annuellement les besoins en protéines animales de plus de 14 000 personnes. C’est aussi cela l’agriculture de ce pays qu’enfin les élus parisiens prennent en considération.

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