Productions Agricoles

De nouveaux seuils d’alerte face aux avortements

Dans le cadre de la prophylaxie de la brucellose, les avortements sont soumis à des obligations réglementaires. Dans la continuité, la section ovine du GDS Bretagne propose une aide au diagnostic des maladies abortives d’origine infectieuse. 

Brucellose, fièvre Q, Chalmydiose, toxoplasmose… Parmi les causes possibles d’avortements figurent des agents de maladies transmissibles à l’homme. Aussi, par leur impact sanitaire et économique important avec la perte de produits, ces avortements doivent être considérés comme une pathologie majeure. Dans ce contexte, la section ovine du GDS Bretagne propose à ses adhérents, pour l’année prochaine, un protocole à suivre à partir de critères d’alerte.

3 avortements sur 7 jours, alerter son vétérinaire

D’après les sondages effectués lors des bilans sanitaires ovins par le GDS Bretagne, 31 % des élevages se disent confrontés aux avortements et seuls 12 % les ont déclarés auprès de leur vétérinaire sanitaire. Pourtant, la déclaration des avortements fait partie des obligations réglementaires. L’apparition d’avortements peut notamment être révélatrice d’une infection brucellique, maladie toujours présente sur le territoire national.  L’éleveur doit avertir son vétérinaire sanitaire en vue du dépistage de cette zoonose. La visite et l’analyse de dépistage de la brucellose sur la brebis ayant avorté sont alors prises en charge par l’État. L’unité mixte technologique (UMT) petits ruminants, créée fin 2009, labellisée par le ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, a conduit un programme de recherche et de développement à vocation nationale. Ce groupe de travail a permis de mettre à jour des seuils d’alerte.

La règle de base veut qu’à partir de trois avortements sur une période de sept jours, le vétérinaire sanitaire soit contacté. Mais dans les faits, la gestion des grands troupeaux entraîne des périodes de mise à la reproduction étalées sur l’année et les manifestations cliniques des différentes maladies abortives sont différentes. Les symptômes peuvent donc être plus sournois et dilués dans le temps. De nouveaux critères permettent de pallier ce problème. La surveillance porte alors sur une période de trois mois. Pour un lot inférieur à 250 femelles, l’alerte est déclenchée à partie de 4 % d’avortements. Pour des lots plus importants, l’intervention doit avoir lieu à partir du 10e avortement. Si la brucellose est une maladie soumise à déclaration, les autres maladies abortives de source infectieuse restent des zoonoses. « Les manifestations cliniques ne sont pas suffisantes pour permettre de porter un diagnostic. Seul le recours à  l’analyse en laboratoire assure ce diagnostic », confirme, François Guillaume, vétérinaire référent « petits ruminants » au GDS Bretagne.

L’avortement redéfini dans le code rural

Un nouvel arrêté du 10 octobre 2013 reprécise la définition de l’avortement. Elle ne concerne plus que les expulsions de fœtus,  animaux morts nés ou succombant dans les 12 heures suivant les naissance, en excluant les causes accidentelles.

Étendre les analyses

La section  ovine du GDS Bretagne propose dès le mois de janvier 2014 un protocole d’aide pour diagnostiquer les maladies abortives de l’élevage. Selon l’étude de la situation avec le vétérinaire référent du GDS et le vétérinaire sanitaire de l’élevage, après exclusion du risque de brucellose, il pourra être proposé d’étendre les analyses à la détection d’autres maladies d’origine infectieuse. Un diagnostic pour évaluer l’étendue de la contamination de la maladie à l’échelle d’un lot ou d’un troupeau, peut aussi être envisagé. Les analyses pourront alors être remboursées par le GDS, les frais de prélèvement restant à la charge de l’éleveur. Carole David

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer