Politique et Syndicalisme

Bruxelles veut valoriser ses produits agricoles

La Commission propose une politique de promotion plus ambitieuse pour les produits agricoles « made in Union Européenne ».

« Dans un monde qui voit des consommateurs plus sensibles à la sécurité, à la qualité et à la durabilité des modes de production alimentaire, les agriculteurs (…) ont une formidable carte à jouer », a commenté Dacian Ciolos, commissaire à l’Agriculture, en présentant le 21 novembre la proposition de la Commission européenne de nouveau règlement sur l’information et la promotion des produits agricoles et alimentaires de l’UE.

+ 227 % en 7 ans

Sous le slogan « Enjoy, it’s from Europe », cette politique réformée sera dotée d’un financement communautaire largement accru, qui passera progressivement à 200 M€ en 2020, contre 61 M€ dans le budget 2013. Entre 2000 et 2012, l’UE a cofinancé 552 programmes de promotion. En complément, la Commission a mené ses propres actions, par exemple des participations à des foires internationales avec un pavillon UE ou l’organisation de séminaires dans le cadre de missions commerciales.

Avec sa proposition de réforme, Bruxelles a l’ambition de mettre en place une véritable stratégie de promotion, grâce à un meilleur ciblage, en portant notamment les cofinancements européens de 50 % contre 60 %. La Commission compte adopter un programme de travail –  exposant les priorités de l’UE – notamment en termes de marchés, produits ou des messages à mettre en valeur (par exemple produits à haute valeur ajoutée), en tenant aussi compte des négociations d’accord de libre-échange, des marchés les plus porteurs et en évitant ainsi le saupoudrage et la dispersion des moyens. Sur le marché intérieur, l’objectif est aussi de combler le faible niveau de connaissance des consommateurs sur les mérites des produits agricoles de l’UE en général, en particulier de ceux reconnus par les systèmes européens de qualité ; seuls 14 % des Européens reconnaissent les logos de qualité tels qu’AOP ou IGP.

Guichet unique et externalisation

Bruxelles préconise aussi une simplification des procédures administratives, avec une sélection des projets en une seule étape à la Commission, une fois par an, au lieu de deux étapes actuellement. Au total, la Commission aura aussi besoin de plus de personnel pour gérer la politique de promotion. Elle envisage d’externaliser cette tâche en la confiant à une agence exécutive, vraisemblablement celle travaillant déjà à Luxembourg pour ses services chargés de la santé et des consommateurs.

OP éligibles

Jusqu’à présent, les programmes de promotion des produits européens étaient suggérés par les organisations professionnelles ou interprofessionnelles. La proposition de la Commission étend le champ d’application du règlement communautaire aux organisations de producteurs, structures encouragées par la réforme de la Pac. L’éligibilité des produits sera également étendue. Il ne sera plus question de dresser une liste positive restrictive des produits pouvant bénéficier du soutien communautaire, comme c’est le cas aujourd’hui, mais d’avoir une couverture plus large qui sera complétée chaque année par la définition des priorités. Tous les produits agricoles pourront être éligibles, sauf le tabac et les produits de la pêche.

Vin et fromage

Pour le vin européen, l’information et la promotion sont des mesures phares des programmes d’aide à ce secteur prévus par l’organisation commune de marché. Afin de créer une complémentarité, Bruxelles propose de limiter l’éligibilité du vin pouvant faire l’objet d’actions d’information et de promotion au seul cas où celui-ci est associé à un autre produit agricole ou alimentaire, le fromage par exemple. Sur le marché intérieur, les programmes concernant le vin seront limités à l’information sur les systèmes européens de qualité, en cohérence avec la stratégie de l’UE pour aider les États membres à réduire les dommages liés à l’alcool.

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