La pousse de l’herbe mesurée du 23 au 29 juin est en moyenne de 9 kg de MS/ha/jour, en forte baisse suite à la canicule de la semaine dernière. La zone humide s’en sort un tout petit peu mieux. Les pluies d’orage localisées n’ont pas été suffisantes, et les conditions sèches prévues cette semaine vont maintenir la pousse à un niveau très bas.
À chaque lot, sa qualité de fourrage
Face au manque d’herbe qui s’installe en ce début d’été, il peut être judicieux de mettre en place une stratégie fine de distribution des stocks pour les gérer à l’économie. Il faut distribuer en priorité les fourrages de qualité aux animaux à besoins élevés. On réservera donc aux vaches traites et aux vaches en début de lactation – d’autant plus qu’elles sont en période de reproduction – les surfaces d’herbe riches en trèfle encore productives, les ensilages de maïs, les bons ensilages d’herbe et les enrubannages. Les vaches taries peuvent tolérer des régimes moins riches. On peut aussi les délocaliser et leur offrir une herbe plus avancée et pauvre en trèfle, ou encore des ensilages d’herbe ou mi-fanés de qualité moyenne.
Jean-Marc Seuret et Pierre Bescou
En bref
• Ajustez le temps de présence des vaches au pâturage en fonction de la quantité d’herbe disponible et de la quantité de fourrages distribués à l’auge.
• La complémentation azotée des laitières reprend au-delà de 6-7 kg de MS de maïs apporté à l’auge à raison de 135 g de correcteur par kg de MS de maïs, et 175 g au-delà de 12 kg de MS de maïs.
« Cette semaine, on passe en mode été pour le pâturage »
Opinion – Jean-Marc – 28 ares d’herbe par vache au printemps, à Hillion (22)
Lors de la semaine dernière caniculaire, les vaches sortaient au pâturage la nuit et de 9 h à 11 h le matin. Désormais, suite à l’arrêt de la pousse, afin de préserver les prairies, elles ne sortiront au pâturage que la nuit : en période chaleur estivale, les vaches pâturent mieux après la traite du soir. Pour l’instant, elles n’ont que de l’enrubannage distribué et 2 kg de maïs épi. Mais on va rapidement leur distribuer de l’herbe affouragée en vert en plus. Sur les 30 ha à faucher, on va en garder un tiers environ pour l’affouragement aux vaches. Cette situation sèche est plutôt habituelle pour notre exploitation au début juillet. Par contre, si les températures redeviennent excessives, les prairies vont davantage souffrir et le redémarrage sera plus long en cas de pluies cet été. C’est pourquoi on veut absolument ménager les prairies et éviter les dégâts en passant les vaches rapidement pour valoriser l’herbe restante. Ces dernières semaines, on a fait pas mal de topping. On a aussi fait un chantier de foin la semaine dernière. Sur les maïs semés le 29 mai, on n’a pas été embêtés par les choucas, plutôt par les corbeaux, mais sans dégâts majeurs. Le souci maintenant pour le maïs, c’est le salissement malgré le passage de herse étrille et le binage.
Zoom sur : Le bilan fourrager de début d’été
Les fortes chaleurs de la semaine dernière, couplées à un manque d’eau doivent inciter ceux qui ne l’ont pas encore fait à réaliser un bilan fourrager.Une vache laitière nécessitant en moyenne 1 t MS de fourrage pour passer les deux mois d’été, plusieurs leviers vous permettent de sécuriser l’alimentation si ce seuil n’est pas atteint. Sur le court terme, commencez à adapter le chargement, en anticipant les réformes ou les ventes de génisses pleines. Il est possible également d’acheter du fourrage en local en réservant dès maintenant de l’ensilage par exemple ou de semer des dérobées estivales après moisson si des pluies surviennent (cf « Zoom sur » de la semaine dernière). À moyen terme, il peut être intéressant d’augmenter la surface en dérobées hivernales pour se créer une trésorerie fourragère.
