Au fanage, augmenter la vitesse d’avancement n’est pas une solution. Pour préserver la qualité de travail, elle doit rester comprise entre 7 et 10 km/h. Le principal levier reste donc la largeur de travail. « Si les modèles à huit rotors restent le cœur du marché français, les ventes de machines à 10 et 12 rotors progressent fortement, avec 10 à 13 m de largeur. Au-delà, les faneuses de 14 à 16 rotors, jusqu’à 17 m, restent rares dans le Grand Ouest », observe Victor Meyer, chef produit chez Kuhn. Sur ce créneau en plein développement se côtoient des faneuses à attelage porté et traîné. Les premières se limitent à des modèles 10 toupies de 10,20 à 11,20 m, à l’exception du modèle Kuhn GF 13003 qui culmine à 13 m avec deux rotors supplémentaires. Chez les autres constructeurs, il faut passer par un modèle traîné pour atteindre 12 toupies et environ 13 m de large. Ces machines adoptent généralement un repliage longitudinal, avec un essieu de transport qui reste posé au sol dans les champs. Les modèles traînés à 10 toupies se replient, pour la plupart, en hauteur comme les versions portées et disposent d’un essieu de transport relevable au travail.
Moins de GNR avec une traînée
Au moment de choisir entre un modèle porté ou traîné, l’agriculteur ou la Cuma doit définir ses priorités. Si l’objectif est de conserver un tracteur de faible puissance, plus économique à l’usage, la faneuse traînée s’impose. Ces machines offrent un bon compromis entre débit de chantier et puissance demandée, un atout à l’heure de la flambée du GNR.
À l’inverse, si la priorité est donnée à la maniabilité et à la simplicité d’utilisation, un modèle porté sera plus adapté. L’usage d’un tracteur plus puissant (110-120 ch) pour disposer d’un gabarit suffisant ne sera pas limitant dans la plupart des exploitations, mais cette réserve de puissance restera souvent sous-utilisée. À noter qu’avec sa 12 toupies portée pesant 2 t, Kuhn préconise un gros 4 cylindres de 140-150 ch pour assurer la stabilité.

1,50 m de diamètre pour les rotors
Mis à part le système d’attelage, les modèles portés et traînés d’une même marque partagent la plupart de leurs composants. La majorité des machines utilisent des rotors de 1,50 m de diamètre, appréciés pour leur capacité à assurer un bon foisonnement aussi bien dans les fourrages courts que longs. En bout de champ, ces grandes faneuses disposent d’un relevage hydraulique des toupies extérieures. Les modèles portés, ainsi que les versions traînées avec essieu posé au sol, offrent alors une réactivité supérieure aux machines dont l’essieu doit être abaissé pour effectuer les manœuvres.
Stabilité avec le châssis long
Les faneuses traînées à châssis longitudinal se distinguent également par une meilleure stabilité, aussi bien sur route qu’au champ, notamment pour le suivi du sol. Pour compenser cet avantage, une roue de jauge placée à l’avant des rotors est souvent proposée sur les modèles traînés à essieu relevable.
Michel Portier
Repères : 10 et 12 rotors : les modèles de 10 à 13 m de large qui ont le vent en poupe ; 13 mètres : envergure de la faneuse portée la plus large du marché ; 19,60 mètres : largeur de la faneuse traînée Krone KWT 20000, unique modèle à 18 rotors sur le marché ; + 10 à 15 % : écart tarifaire moyen entre un modèle traîné et son équivalent porté de même largeur.
Des commandes en toute simplicité
Contrairement aux faucheuses et andaineurs qui multiplient les fonctions électrohydrauliques et justifient un pilotage Isobus, les faneuses restent simples d’utilisation. Outre le réglage de la hauteur et de l’angle de piquage des rotors, les fonctions hydrauliques se limitent au repliage et au relevage des toupies en bout de champ, commandés par les distributeurs, avec parfois un boîtier de présélection. Pour le fanage de bordure, les modèles portés et les traînés à essieu relevable disposent aussi d’une mise en oblique ou d’un pivotement des toupies extérieures. Les machines à châssis en long doivent en revanche se contenter d’une toile de bordure.

