La commission d’enquête sur « le partage de la marge et la construction des prix », présidée par Anne-Catherine Loisier, poursuit ses auditions jusqu’à la fin du mois d’avril. Agriculteurs, industriels, distributeurs et économistes sont entendus pour éclairer un paradoxe : alors que les prix alimentaires ont fortement augmenté ces dernières années, une partie de la production agricole et de l’agroalimentaire reste en grande difficulté. Rapport de force déséquilibré À ce stade, la sénatrice reste prudente : « Nous sommes au milieu de nos travaux. Il est trop tôt pour tirer des conclusions. » Mais les auditions mettent déjà en lumière un rapport de force très déséquilibré dans la chaîne alimentaire. D’un côté, plusieurs centaines de milliers d’agriculteurs et des milliers d’entreprises agroalimentaires. De l’autre, quelques grandes enseignes qui concentrent l’essentiel du marché. « Sur le marché français, certaines entreprises se retrouvent face à trois ou quatre clients principaux. Cela change complètement la relation commerciale », observe Anne-Catherine Loisier. À trop se battre sur les prix on détruit de la valeur Les débats portent aussi sur les limites des lois Égalim, censées mieux protéger la rémunération agricole. Selon la sénatrice, ces textes ont apporté des avancées mais restent imparfaits. « Il existe des contournements, notamment avec le développement de centrales d’achat à l’étranger », souligne-t-elle. Guerre des prix fatale Autre constat récurrent lors des auditions : la guerre des prix entre enseignes. La compétition permanente pour afficher les prix les plus bas pèse sur l’ensemble de la chaîne. « À force de se battre sur les prix, on finit par détruire de la valeur et ceux qui sont en amont ne vivent plus », résume la présidente de la commission. La commission s’interroge aussi sur les conséquences économiques de ces pratiques. Défaillances d’entreprises, importations en hausse et dégradation de la…
Le Sénat dissèque les marges
Le Sénat veut comprendre pourquoi la hausse des prix ne se traduit pas toujours par une meilleure rémunération des agriculteurs.

