Dossier technique

De la rigueur pour limiter la consanguinité

La survie des six races locales françaises, à faible effectif, repose sur des réseaux d’éleveurs engagés et sur une gestion rigoureuse de la diversité génétique.

porcs culs noirs dans un champ - Illustration De la rigueur pour limiter  la consanguinité
Un lot de porcs de la race Cul noir du Limousin | © Société Coopérative Agricole du Cul Noir

Depuis quelques décennies, les races locales – porc Blanc de l’Ouest, Basque, Gascon, Cul noir du Limousin, de Bayeux et Nustrale (Corse) – bénéficient d’un programme de conservation. Compte tenu des faibles effectifs, de 130 truies pour le porc de Bayeux à 1 500 truies pour le porc Gascon, le suivi génétique est central dans cette gestion. Tous les animaux sont identifiés et bouclés. L’Ifip, en collaboration avec l’association Ligeral (livres généalogiques), réalise des suivis réguliers de la variabilité génétique et de l’évolution du taux de consanguinité dans chacune des populations. Cela passe par l’analyse des pedigrees et l’utilisation de bases de données généalogiques pour planifier les accouplements. L’objectif est de limiter les problèmes liés à la consanguinité : baisse de fertilité, mortalité accrue des porcelets, vulnérabilité aux maladies ou encore réduction de la vigueur générale des animaux. Des semences cryoconservées Vente sous AOP pour certaines races Les élevages fonctionnent majoritairement en autorenouvellement pour les cochettes. Les petits mâles, sélectionnés dans les portées jugées intéressantes au niveau génétique par le programme de conservation, sont placés dans un élevage dédié où ils sont contrôlés (croissance, morphologie, nombre de tétines). Du moins dans les races dont les produits sont vendus sous AOP (Basque, Gascon, Nustrale). « Une trentaine chaque année en Gascon et une dizaine pour le Basque », précise Herveline Lenoir, de l’Ifip, en charge de la gestion du programme. Elles bénéficient aussi du travail d’un technicien de terrain chargé d’animer le réseau. « Deux fois par an, je fais un point avec chacun d’entre eux », indique la coordinatrice. « Pour les races qui n’ont pas ce soutien, je suis en contact direct avec les éleveurs. Si l’un d’entre eux veut un verrat, j’appelle un autre éleveur pour qu’il conserve des petits mâles dans une portée compatible au niveau génétique….

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