Le récent accord de libre-échange conclu entre l’Union européenne et l’Inde suscite des inquiétudes dans la filière ovine. « Nous n’avons pas été informés en amont des orientations retenues », a rappelé Claude Font lors de l’assemblée générale régionale de la FNO (éleveurs ovins – FNSEA), le 12 février à Mauron (56). Si plusieurs productions agricoles, comme le bœuf, la volaille, le sucre ou le riz, ont bénéficié de protections spécifiques, les ovins eux restent exposés. Un contingent de 3 500 tonnes de viande a été ouvert, accompagné d’une baisse progressive des droits de douane de 33 % à 0 %, avec un mécanisme de sauvegarde jugé « insuffisant et difficilement mobilisable ».
D’autres négociations inquiètent déjà les éleveurs, notamment celles engagées avec l’Australie, dont l’issue pourrait intervenir début 2026. Le pays dispose aujourd’hui d’un contingent de 5 800 tonnes, utilisé à 96 %, mais l’Australie se montre offensive sur l’ovin en affichant une capacité d’exportation bien supérieure, estimée à 140 000 tonnes. De plus, son premier débouché sur notre continent demeure le Royaume-Uni, avec des flux qui reviennent déjà sur le marché européen via l’Irlande.
Pour rappel, la Nouvelle-Zélande, tournée vers l’Asie, bénéficie pour sa part d’un quota européen de 142 000 tonnes, honoré à 57 %, le marché européen lui servant surtout de variable d’ajustement.
Dans ce contexte, la FNO veut rassurer les éleveurs français et rappelle que la demande en production locale reste forte. Les agneaux français trouvent leur place, mais « les prix pourraient à terme être fragilisés ». le syndicat réclame donc des importations encadrées : mesures-miroir, clauses de sauvegarde effectives et dénominations claires selon les catégories d’animaux. Sans garanties, l’afflux de volumes pèserait durablement sur la filière. Il demande « une compensation économique via l’aide ovine de la Pac, estimée à 300 millions d’euros ».
Carole David

