Janvier sous les eaux : L’Ouest breton face à un mois hors normes

Un dessun d'une grenouille sous la pluie avec une coiffre bretonne et un parapluie. dans la bulle un proverbe en breton qui se traduit par : quand le soleil se lèvera, la pluie cessera - Illustration Janvier sous les eaux : L’Ouest breton face  à un mois hors normes
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Sur toute la façade ouest de la région, du Finistère au Morbihan en passant par l’ouest des Côtes-d’Armor, les pluies se sont succédé sans répit, jusqu’à battre des records parfois absolus. « À partir du moment où l’on dépasse des records mensuels, voire tous mois confondus, on peut parler d’exceptionnel », résume Jérôme Dréano, météorologue à Météo.bzh.

Davantage de vapeur d’eau

À Quimper, Ploërdut ou encore Sizun, les cumuls enregistrés sur le seul mois de janvier 2026 n’avaient jamais été atteints auparavant. À Sizun, par exemple, 407 mm sont tombés en un mois, contre un précédent record de 334 mm en décembre 1999. Une quantité vertigineuse : « Plus de la moitié de la pluviométrie annuelle moyenne de Rennes concentrée en trente-et-un jours ».

Cet arrosage s’explique par une configuration atmosphérique bien particulière en lien avec le dérèglement climatique : un flux d’ouest persistant, bloqué par un anticyclone au nord, forçant les perturbations atlantiques à se succéder sur la même zone. « À cela s’ajoutent des eaux océaniques plus chaudes que la normale, favorisant la formation de nuages très chargés en précipitations. Une atmosphère plus chaude peut contenir davantage de vapeur d’eau. En janvier, on a mesuré concrètement le résultat », image le spécialiste.

Plus de ruissellement

La répartition des pluies n’est pas homogène. Les reliefs modestes mais structurants du Centre-Bretagne – Monts d’Arrée, Montagnes Noires, Landes de Lanvaux – jouent un rôle clé. « Par effet orographique (NDLR : l’air humide, forcé de s’élever par le relief, se refroidit et déclenche des précipitations sur le versant exposé au vent), ils accentuent les pluies sur leur versant sud et ouest, tandis que le nord des Côtes-d’Armor reste nettement moins arrosé », explique Jérôme Dréano qui ne voit pas d’amélioration se profiler avant mi-février.

Sur le terrain, les conséquences se lisent dans les sols. Les nappes se rechargent lentement mais sûrement ; les résurgences apparaissent parfois tardivement, signe que l’automne n’avait pas été excessivement pluvieux. Reste une inquiétude plus structurelle : la capacité des terres à infiltrer l’eau. La diminution des prairies au profit des cultures annuelles limite l’absorption des pluies intenses, accélérant le ruissellement vers les rivières. Un phénomène discret, rarement commenté, mais qui pèsera lourd dans la gestion de l’eau et des excès climatiques à venir.

Didier Le Du

L’ouest prend le double

Le réseau des stations Paysan Breton enregistre bien le contraste de pluviométrie entre l’ouest et l’est de la région.Ainsi Briec a mesuré 343 mm du 1er au 31 janvier ; Évellys, 331 mm ; Arzano 321 ; Plonéour-Lanvern, 306 mm ; Kernoues, 296 mm. Le contraste est saisissant avec la côte nord directement impactée par l’effet orographique inhérent à l’épine dorsale armoricaine (Montagnes Noires et Monts d’Arrée) : seulement 174 mm à Quemperven.Même si les cumuls restent importants pour l’est de la région, l’Ille-et-Vilaine fait figure d’une zone relativement épargnée : 116 mm à Dompierre-du-Chemin, 156 mm à Pléchâtel et 175 mm à Langon.


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