Renforcer la biodiversité en collectif

Adhérente au réseau Paysans de nature, Claire Argeot a organisé, avec l’aide de LPO Bretagne, un chantier collectif sur sa ferme pour y mener des travaux liés à la biodiversité.

bénévoles autour d'une mare - Illustration Renforcer la biodiversité en collectif
Les bénévoles ont aidé à ouvrir la mare et à fabriquer des haies sèches pendant une matinée. | © Paysan Breton

Claire Argeot s’est installée il y a cinq ans à Mézières-sur-Couesnon (35). Sur les 12 ha de la ferme, elle élève une cinquantaine de brebis laitières de race Lacaune, le tout en agriculture biologique. Les animaux pâturent toute l’année dans des prairies naturelles et sont complémentés avec du foin. Le lait est transformé sur la ferme et les produits laitiers sont vendus en circuit court.

Reconnecter les citoyens à l’agriculture

« J’ai toujours eu une sensibilité environnementale », témoigne l’agricultrice. « Au moment de mon installation, j’ai par exemple planté 1 km de haies avec Breizh Bocage. »

L’éleveuse se tourne ensuite vers la LPO Bretagne pour bénéficier d’un accompagnement technique : choix des essences pour les haies, mise en place de haies sèches ou encore entretien de la mare ou des zones humides présentes sur le parcellaire.

Fédérer les personnes

Dans le cadre de la démarche Paysans de nature, un chantier collectif a été organisé le 9 décembre sur la bergerie de Claire Argeot. Une quinzaine de personnes étaient présentes : bénévoles de la LPO et de Terres de Lien, étudiants ou encore clients de l’agricultrice.

« Le réseau Paysans de nature vise a créer du lien entre les paysans naturalistes et les consommateurs », explique Ludovic Brossard, chargé de mission agriculture à la LPO Bretagne. « Ces chantiers collectifs sont l’occasion de reconnecter les citoyens à l’agriculture, et de montrer que celle-ci peut contribuer à enrayer le déclin de la biodiversité. »

Les volontaires ont ainsi mis la main à la pâte pour créer des haies sèches, idéales pour abriter des batraciens ou certains oiseaux comme le troglodyte mignon. La mare, envahie par les saules, a également été rouverte.

Des projets à long terme

Claire Argeot a d’autres projets en tête pour poursuivre le développement de la biodiversité sur sa ferme. Elle souhaite notamment planter des haies intra-parcellaires et des arbres isolés sur certaines parcelles. « En plus de servir de corridors écologiques, ces plantations offriront de l’ombre et de la fraîcheur à mes brebis pendant l’été. »

L’agricultrice envisage aussi d’établir un inventaire sur son exploitation, en s’appuyant sur les connaissances des associations naturalistes. « Plus on connaît les espèces présentes sur sa ferme, et mieux on les protège », affirme-t-elle.

Alexis Jamet

Des haies à pas cher

Les haies sèches sont des clôtures naturelles faites à partir de branchages morts et de déchets végétaux disposés entre des piquets. « Elles permettent de valoriser les ressources naturelles de la ferme, tout en offrant des abris à la biodiversité », affirme Claire Argoet. Les oiseaux qui y nichent y laissent tomber petit à petit des graines qui créeront au fil des années une véritable haie bocagère, bien vivante.


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