L’impact des mammites dépasse le simple renouvellement : baisse de lactation, pertes d’agneaux et chute du GMQ. Une brebis qui ne garde qu’un quartier fonctionnel fournit moitié moins de colostrum, fragilisant l’immunité des nouveau-nés. Les mammites anciennes, souvent peu visibles, peuvent même conduire à l’inanition des agneaux. « D’où l’importance d’une surveillance régulière », insiste Pierre Otef, vétérinaire praticien à Bellac.De discrètes à sévères, il existe trois formes cliniques. Les formes légères se détectent par des grumeaux dans le lait, visibles au bol noir ou au CMT. En cas d’aggravation, le pis devient chaud, gonflé, douloureux et la brebis fièvre. Les formes chroniques entraînent une fibrose : le quartier atteint se durcit, prenant l’aspect de « pied de bois ». La forme la plus redoutée reste la mammite gangréneuse, avec mamelle noirâtre, froide et écoulement purulent, l’animal sombrant rapidement en état de choc.L’infection pénètre surtout par l’extrémité du trayon. Les germes les plus fréquents sont Staphylococcus aureus, E. coli et Mannheimia haemolytica, transmis lors de la tétée. Parmi les facteurs de risque : lésions de trayon, portées nombreuses, agneaux voleurs, hygiène insuffisante, amplitude thermique en début de lactation. Sur le plan nutritionnel, un déficit en sélénium ou en vitamine A, ou une note d’état corporel inférieure à 3, augmente la sensibilité.Le diagnostic repose sur un prélèvement de lait stérile, suivi d’une bactériologie. Le traitement associe antibiotiques adaptés et anti-inflammatoires non stéroïdiens, essentiels dans les formes aiguës. Les seules injections intra-mammaires sont souvent insuffisantes. La prévention est déterminante : paillage quotidien, suivi de l’état corporel, gestion des lésions et réforme des brebis fibrosées. Une maîtrise globale permet de réduire durablement les mammites et leurs conséquences….
Les mammites, première cause de réforme
Les mammites peuvent représenter jusqu’à 30 % des sorties de brebis.
