Originaire de Goudelin, Augustin Fegar a passé deux semaines et demi à Braine-le-Comte en Belgique chez Mathieu de Dobbeleer, jeune éleveur associé à son père en viande bovine (600 Blanc Bleu dont 400 mères) et cultures. « La première chose qui m’a frappé est la taille des fermes : les éleveurs avaient beaucoup de cheptel et des bâtiments très concentrés mais assez peu de surface. Il faut dire que le foncier est très cher, on parle de 50 000 à 100 000 € l’hectare », rapporte le Breton actuellement en terminale CGEA au lycée de Kernilien à Plouisy. « Les fermes sont très propres, de l’intérieur des étables aux allées et cours. Les Belges sont maniaques de ce côté-là. C’est agréable. »
Le vétérinaire pratique 30 césariennes par jour
Une conduite à part
Sa camarade de classe Manon Le Cheviller a séjourné sur une autre ferme de la région, un élevage « moyen à grand » de 300 bovins environ (200 mères et les taurillons) appartenant à Monique et Dominique Wayembercq, au Roeulx. Fille d’éleveur de Blondes d’Aquitaine à Ploubezre, l’étudiante explique que la Blanc Bleu réclame une conduite à part. « Tous les animaux naissent sous césarienne. Quand c’est l’heure, le vétérinaire est très vite sur place. Celui-ci peut pratiquer 30 à 40 césariennes par jour. » Pour cela, tout est très organisé. « Dans les bâtiments, il y a des cases servant de salle d’opération équipées de barrière ou contention spécifiques laissant libre accès au ventre de la vache. » Sur place, il y a aussi une table en inox pour poser le matériel, de l’eau, du savon, des torchons propres… « Un treuil électrique fixé au plafond facilite la sortie du veau et permet de le suspendre le temps d’évacuer les éventuelles glaires avalées », précise Augustin Fegar. Autre caractéristique de cette race au gène culard, les vaches sont petites mais très larges et musclées. « Sur l’aire paillée, quand elles se bousculent, les plus grosses peuvent tomber, se retrouver sur le dos et être tout simplement incapables de se relever. Face à ce risque, il faut beaucoup de surveillance et curer régulièrement, chaque semaine, pour que les animaux soient toujours sur une litière plate et stable. »
Des journées chargées
En Belgique, les journées sont longues et les pauses courtes. « Nous démarrions vers 7 h. Pour le déjeuner, vers 14 h, les Belges ‘tartinent’. Le soir, ils mangent plus copieusement à partir de 21 h 30. » Tous les jours, les étudiants donnaient le lait reconstitué aux veaux, paillaient les étables, distribuaient les rations aux vaches (ensilages de maïs et d’herbe, pulpe de betterave, tourteaux…) et aux taurillons (« beaucoup de foin accompagné de tourteaux et d’aliment d’engraissement »). Manon a aussi « fait une journée d’échographie » et préparé des clôtures pour les vaches qui pâturent d’avril à novembre.
Toma Dagorn
« Un français un peu différent »
« Les Belges sont très accueillants. Mais ils parlent un français un peu différent », sourient Manon et Augustin. Quand on te dit « Je vais te sonner et tu sauras aller manger », il faut comprendre « Je vais t’appeler au téléphone et tu pourras aller manger. » Il faut s’adapter : le télescopique est un bull, le godet un bac, le blé du froment… Ces expressions font partie du dépaysement, expliquent les étudiants qui ont adoré l’expérience. « Nous prévoyions de repartir y travailler l’été prochain. »

