Mac Lesggy, ingénieur agronome, milite depuis plusieurs années pour que les débats de société se fondent sur des données vérifiables et non sur des convictions personnelles ou des slogans. « Les médias préfèrent le frisson à l’explication », indique celui qui qualifie la loi Duplomb de bon signe pour l’agriculture. Il regrette la perte de part de marché de l’agriculture française et n’hésite pas à pousser le bouchon : « Le monde avance pendant que les Français remplissent des papiers ». Favorable aux OGM, il cite l’avancée que représente la variété de blé argentin HB4, résistant au stress hydrique grâce à un gène du tournesol. « Il faut aller plus vite dans le monde de la sélection variétale compte tenu du changement climatique. Pourquoi se refuser les nouvelles techniques génomiques (comme celle du Crispr Cas-9) que beaucoup de pays utilisent dans le domaine végétal ? ».
Une bombe écologique ?
Pour faire évoluer les mentalités, « il faut gagner la bataille du langage. Le vocabulaire façonne la perception de l’agriculture, or cette perception est aujourd’hui souvent déconnectée des réalités scientifiques ». L’ancien animateur de E= M6 critique l’appellation « agriculture biologique », « tout est biologique dans l’agriculture. L’agriculture conventionnelle est qualifiée de productiviste. Est-ce un crime de nourrir la population ? Faudrait-il s’excuser d’être performant ? ». L’agroécologie n’a pas de sens à ses yeux. « C’est un concept flou, une désignation marketing ». Il rappelle que l’agriculture, que certains qualifient d’industrielle, est composée de fermes de 67 hectares, en moyenne, en France.
« Les mégabassines, ces trous remplis d’eau en hiver, seraient des bombes écologiques ? ».
Il conseille aux agriculteurs de changer de langage, d’adopter une stratégie commune définie par la profession, « nous sommes dans une guerre des symboles et des mots en France, bien plus qu’ailleurs ». Un changement de langage plus facile à dire qu’à réaliser…
Bernard Laurent

